81 bis ? On se souvient que malgré l'abrogation par François Mitterand, du projet de construction de centrale nucléaire à Plogoff, le nouveau président n'avait nullement remis en question le reste du programme nucléaire français. 25 ans plus tard, en réponse aux injonctions du Réseau Sortir du Nucléaire, la candidate Ségolène Royal, en position de faiblesse face à un concurrent fortement avantagé par les chiffres,  a envoyé un signe fort aux écologistes en promettant l'abrogation du projet de construction de réacteur nucléaire EPR à Flamanville. Dans un communiqué publié suite à l'occupation par des militants de Greenpeace du chantier préparatoire à l'EPR à Flamanville (Manche), elle souligne que cette décision de construction "a été prise dans des conditions d'analyse et de débat tout à fait contestables". Elle rappelle que le PS s'y était opposé, "constatant avec les partenaires associés au débat public l'absence d'étude d'impact sérieuse, en particulier concernant les 150 kilomètres de ligne THT (très haute tension) liés à la centrale" ainsi que "la faiblesse des justifications avancées pour engager cet investissement".


"On ne peut engager l'avenir énergétique de notre pays sans un débat approfondi non seulement sur l'EPR mais sur l'ensemble du dossier", indique-t-elle. Une position qu'elle a toujours défendue contrairement à celle de son challenger Nicolas Sarkozy pour qui le programme électronucléaire doit être non seulement poursuivi mais également renforcé.

Si elle était élue, elle engagera ce débat "au lendemain de la présidentielle pour mobiliser les citoyens et les acteurs économiques sur trois objectifs": réduction de la consommation d'énergie, développement "de manière volontariste" des filières d'énergies renouvelables et examen de "l'avenir de l'énergie nucléaire". Elle considère comme "un déni de démocratie" la publication du décret autorisant sa construction "juste avant le premier tour de l'élection". "Pour respecter la transparence du débat, ce décret sera abrogé", indique-t-elle.