Pour ceux qui n’ont pas reçu notre lettre d’info de cette semaine, en voici les quelques lignes, commentées de nouvelles remarques. Vous l’avez compris, l’actualité s’est accélérée : depuis plusieurs années, ecolopop développe une analyse souvent très partisane, centrée sur l’imminence probable d’un choc pétrolier qui pourrait très bien être le dernier de tous les temps, et dont les conséquences vont affecter tous les rouages de la civilisation occidentale. Aujourd’hui, heureusement (pour nous les sensibles, écologistes et quelques scientifiques) ou malheureusement (pour nous les riches, véhiculés, télévisés, modernes), l’évidence durcit son verdict, avec un baril qui se ballade de record en record (123$ ce jour). Comme le dit Richard Heinberg, IT’S HAPPENING. Au fil des billets, nous vous avons fait découvrir de nombreux autres spécialistes de la question, parmi lesquels Matthew Simmons, JH Kunstler, David Strahan, Colin Campbell, qui tous ont cette particularité étrange de s’intéresser précisément à cette hasardeuse question de l’imminence du Peak Oil que nous avons suivi depuis l’ouverture du blog… Gardons nous toutefois de quelque triomphalisme.

Desespoir ou délivrance ?

Premièrement, la cure de désintoxication, si elle s’avère bonne pour la planète, présente à court terme de tristes perspectives. Pour le plus grand nombre d’entre nous, la pénurie de pétrole, c’est pas très joyeux : il faut s’attendre à des mois difficiles si le choc se durcit, ce qui est envisageable. A contrario, on peut se tromper (ce serait dommage pour la planète) : il reste toujours de nombreux et très sérieux commentateurs défendant les thèses d’un choc temporaire, étayé par les abondantes réserves de pétrole bitumeux du Canada notamment. Il y a presque un an, les éditos du magazine économique Challenges développaient une série d’articles avec en couverture un titre moqueur : “le mythe de la pénurie“. On y lisait notamment “La peur de manquer de pétrole ne date pas d’hier ! Dès 1920, les premières Cassandre se sont fait entendre. Les réserves prouvées de l’époque permettaient d’atteindre péniblement 1950. Entre-temps, la consommation a été multipliée par plus de 40 !

Ce qui était vrai il y a an l’est encore aujourd’hui. Il y a plein de raisons “d’esperer ” (il y a encore plein de pétrole) et quelques unes de “s’inquiéter” (y’a plus). Le verre est il à moitié vide ou à moitié plein ? A ecolopop, nous nous sommes fait une spécialité de l’actualité environnementale, qui de toute façon à terme devra bien se raccrocher avec le seul avenir possible, qu’un simple mot résume : sobriété.

La Lettre du 1er mai

L’actualité s’est accélérée ce mois avec une avalanche de confirmations d’une réalité géologique qui se durcit de jour en jour : la production de pétrole ne suit plus la demande, les prix se sont envolés entre 115 et 120 dollars le baril. Parallèllement, la facture alimentaire s’est alourdie au point de mettre en péril la paix civile dans de nombreuses régions du monde. Mais heureusement la prise de conscience est à la hauteur de ces défis : l’hebdomadaire Newsweek <http://www.ecolopop.info/article/newsweek-cover-whos-the-greenest-of-them-all> fait le point cette semaine sur les avancées en matière d’écologie, science qui est passée d’un état de loisir confidentiel à celui d’enjeu planétaire du 21e siècle.

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Jusqu’à il y a peu, le discours officiel des dirigeants du plus gros producteur d’or noir de la planète tenait en ces quelques principes : ne vous inquiétez pas pour la resource, on en a pour 20 ans. Mais depuis que les prix montent en flèche, et que l’OPEP malgré ses rassurantes incantations n’arrive pas à calmer les marchés, les langues se délient, au plus haut niveau. C’est en effet le roi Abdullah, qui trône sur l’Arabie Saoudite, qui vient de révéler l’existence de champs pétroliers qu’il souhaite ne pas exploiter, afin de préserver la resource pour l’avenir. Et ce malgré les misérables appels répétés de George Bush représentant la fière Amérique. Voilà enfin, après plusieurs décénnies de surconsommation effrenie, un premier espoir de modération venant de la source. Lisez le en VO (source : Saudi Press Agency) : “I keep no secret from you that when there were some new finds, I told them, ‘no, leave it in the ground, with grace from god, our children need it’,” King Abdullah said in remarks made late on Saturday.


Alors que la fièvre des 100$ le baril, qui il y a une semaine illuminait les lendemains du réveillon, s’estompe brutalement (variations de l’ordre de 7$ en une semaine), il est intéressant de se pencher sur l’avis des “clairvoyants du Peak Oil”, de plus en plus nombreux, qui soutiennent la théorie selon laquelle les réserves de pétrole de la planète auraient atteint leur niveau critique depuis 2006. Loin d’attribuer la hausse des cours à une hypothétique dynamique de spéculations, ils s’en tiennent aux faits : alors que la demande augmente, la production a du mal à suivre. C’est une logique de fondamentaux, explique Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières, enseignant à l’université Paris Dauphine, dans un chat avec les lecteurs du quotidien Les Echos : “[...] pour certains produits on doit introduire effectivement une autre dimension, celle de la rareté : c’est le cas du pétrole qui disparaitra vers la fin de ce siècle [...] “. Philippe Chalmin, contrairement à Matthew Simmons, ne croyait pas encore, ce 12 juin 2006, à l’imminence du Peak Oil. L’Américain de son coté, fait partie de ceux qui aujourd’hui “clouent le cercueil” des théories de l’abondance représentées par “les opposants du Peak Oil”. Faut il déjà y relever d’étonnantes analogies avec les progressions récentes de l’évidence scientifique du réchauffement climatique ? Depuis quelque temps les ingénieurs et dirigeants en poste à la tête de certaines compagnies pétrolières ont rejoint les opinions des “anciens”, les retraités qui depuis des années “peuvent parler”. Thierry Desmarest, PDG de Total, et le PDG de ConocoPhilipps s’étaient sont penchés sur le sujet avec un objectif : “encourager la sobriété“. Depuis février 2007, Christophe Margerie a pris la suite de la direction générale de Total  après le départ de Thierry Desmarest. Christophe Margerie n’a pas peur des mots : le PEAK OIL est imminent.


Royal Dutch Shell, la plus grosse des 5 majors du pétrole, s’installe sur l’archipel pour développer une forme de biocarburant vers laquelle tendent de plus en plus d’investissements. Alors que de nombreux intervenants non gouvernementaux s’engagent pour un moratoire sur le développement des agro-carburants, la culture d’algues  pourra-t-elle sans graves effets secondaires prendre la relève des réserves fossiles ?

L’usine, dont la construction va démarrer “immédiatement”, cultivera des micro-algues qui ont la particularité de se multiplier très rapidement, et qui produisent selon les initiateurs du projet “au moins 15 fois plus d’huile végétale par hectare que les alternatives comme le colza, le soja ou le jatropha”.

Si le projet s’en tient pour le moment au prototype, une usine commerciale pourrait, selon le Financial Times, mobiliser 20000 hectares de surface marine. Quels seraient les impacts d’une telle mise en production d’un espace sauvage ? Voilà des questions sur lesquelles se pencheront les scientifiques des universités américaines de Hawaï, de Southern Mississippi, et de Dalhousie, dans la province canadienne de Nouvelle-Ecosse, qui ont pris part active dans ce projet pilote.


oil-money.jpgVous avez bien lu. Alors qu’il a baissé ces derniers jours, reprenant un peu de souffle avant une nouvelle ascension au delà des 100$ le baril, le cours du pétrole est sujet de nombreuses discussions. Les prochaines réunions de l’OPEP (sommet des chefs d’Etats des treize pays membres les 17 et 18 novembre à Ryad en Arabie saoudite et réunion extraordinaire le 5 décembre à Abou Dhabi), au cours desquelles  sera évoquée une augmentation de la production pour atténuer ce 3e choc pétrolier qui semble se préparer, auront au moins le mérite de poser les cartes : la planète a-t-elle encore assez de réserves pour que soit envisagée sereinement une augmentation de la consommation mondiale d’or noir, dont la production, selon les chiffres de l’ONG allemande Energy Watch Group,  a malgré tout déjà diminué depuis 2006 ?

LIRE LA SUITE : 20$ le baril de pétrole


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Lorsque les intérêts privés se choquent à la dégradation du bien-être public, il est bon de s’interroger à double reprise. L’exemple des biocarburants, qui  est l’objet de vives discussions,  illustre parfaitement un engouement apparament virteux mais en réalité potentiellement désastreux. Dans le même ordre d’idées, l’utilisation de la biomasse océane suscite, elle aussi, des vocations. Quelque soit le pays, en bord de mer, on y pense : c’est le cas à Rotterdam, où vient d’être lancée la  Rotterdam Climate Initiative, dont font partie la municipalité et le port de Rotterdam notamment. Ce programme  a réuni récemment des spécialistes de l’énergie et de l’industrie des algues à Rotterdam, pour discuter du rôle des algues dans la production d’énergie durable. Les algues vertes unicellulaires, micro-organismes primitifs situés en dessous des plantes,sont les variétés d’algues les plus adaptées pour la production de biocarburant :  On peut utiliser 99% de leur masse pour fabriquer des médicaments, des matières colorantes, des plastiques biologiques ou des biocarburants. Environ 40.000 litres de biocarburant par hectare peuvent être produits chaque année, ce qui représente un rendement important.

Recycler les marées vertes

Alors, la solution aux marées vertes est-elle toute trouvée ? A l’occasion des travaux du Grenelle de l’Environnement, l’association France Nature Environnement(FNE) s’est penchée sur le désastre de la pollution des plages en Bretagne par les marées d’algues vertes : Alors que 50 % des eaux françaises n’atteindront pas le “bon état écologique des eaux ” en 2015 selon les orientations et programmes actuels (objectif pourtant fixé par la Directive Cadre sur l’Eau), pour FNE, le”Grenelle de l’Environnement” doit, selon les responsables de FNE, être ” l’occasion de faire évoluer en profondeur la politique nationale de l’eau, et d’assumer enfin une rupture dans la lutte contre la pollution diffuse d’origine agricole, véritable fléau de la politique de l’eau !”Pour Bernard Rousseau, Responsable des Politiques de l’eau à FNE il est ” indispensable que la politique française de l’eau ne soit plus purement et simplement inféodée à la politique agricole nationale, et ne soit plus conduite par le seul ministre de l’agriculture, comme le démontre la gestion du dossier breton depuis trente ans “. Parions qu’une bonne trouvaille techno-administrative permettra à nos chers producteurs de continuer à industrialiser le paysage, d’autant plus facilement que les déchets autrefois nauséabonds trouvent aujourd’hui de nouveaux débouchés.

Source : BE Pays-Bas numéro 26 (4/09/2007)


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Neobiol (Paris) représente un bel exemple d’entreprise typique de l’économie durable, créatrice d’emplois, sur le modèle que développait dans son programme l’ex candidate Corine Le Page : son activité est entièrement dédiée à la collecte de proximité des huiles alimentaires usagées, essentiellement auprès des restaurants et métiers de bouche de taille petite à moyenne et à leur valorisation. La démarche de Neobiol s’inscrit, selon ses fondateurs, dans une logique de l’après pétrole : l’organisation de l’ensemble de l’entreprise est pensée pour réduire l’impact de la hausse du prix des énergies fossiles. Elle se traduit par des centres de collecte et de revalorisation de proximité et des traitements économes en énergie, de préférence non fossile. LIRE LA SUITE : L’huile de friture : du restau à votre moteur


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