PARIS, 11 avr 2008 (AFP). Les professionnels de la publicité ont signé vendredi une charte en faveur d’une publicité “éco-responsable” avec le gouvernement, ce dernier menaçant de légiférer si le bilan, dans un an, n’est pas significatif.
“Réussissons cette mutation à défaut de quoi nous serions obligés d’aller vers une Haute autorité” de la publicité, a prévenu le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo, lors de la signature de cette charte devant la presse.
Parmi les signataires se trouvent le Bureau de vérification de la publicité (BVP), organisme d’autorégulation de la profession, et les représentants du secteur comme l’Union des annonceurs (UDA), le Syndicat national de la publicité télévisée (SNPTV) et la Fédération nationale de la presse française (FNPF).
“Nous fixons deux règles fondamentales”, a expliqué à l’AFP Jean-Pierre Teyssier, président du BVP: “les annonceurs ne peuvent pas dire des choses fausses au consommateur, par exemple que leur produit est éco-compatible s’il ne l’est pas, et les représentations publicitaires ne doivent pas inciter à des comportements incivils ou contraires à la protection de l’environnement”.
La charte prône notamment la consultation du BVP avant toute campagne utilisant des arguments écologiques.
“S’il s’avérait lors du bilan qui sera établi à l’issue de la première année de fonctionnement (…) que la nouvelle régulation professionnelle de la publicité n’a pas produit les effets escomptés, le gouvernement proposerait au Parlement de légiférer sur le sujet”, indique la charte.
Avec cette charte, le BVP passe d’un système d’autorégulation par les seuls membres de sa profession à une corégulation, en partenariat avec les associations de consommateurs et de défense de l’environnement.
Il se dote d’un jury de déontologie publicitaire, organisme de sanction composé de membres indépendants, et d’un conseil paritaire de la publicité, lieu de dialogue composé pour moitié de représentants d’association et même présidé par l’un d’eux.
“Les associations sont un peu partagées sur la main tendue par le BVP, qui nous semble un peu molle”, a indiqué à l’AFP Julien Allaire, responsable des questions de transports et de mobilité du Réseau Action Climat.
“Les professionnels de la publicité trouvent ça très contraignant, mais nous attendons de voir, car, sans processus de sanction législative, on ne sait pas si ce sera très efficace”, a-t-il déclaré.














