12 février 2008

Jeroen Van den Veer, patron de Shell, publiait le mois dernier une intéressante projection de possibles scénarios énergétiques à l’horizon 2100. Ce qui il y a quelques années était encore inconcevable est désormais une pressante réalité, même chez les plus convaincus défenseurs des énergies fossiles : la transition énergétique est en cours, mais elle risque d’entraîner les civilisations modernes dans de dangereuses turbulences. C’est l’un des scénarios qu’imagine M. Van den Veer, qui envisage aussi l’alternative « douce » d’une transition choisie, où les comportements économiques auraient eu le temps de s’adapter à de nouvelles logiques de collaboration plutôt que de compétition.

Il n’utilise pas le terme de Peak Oil mais définit clairement les limites de la croissance actuelle : après de 2015, selon le patron de Shell, point de salut. Ce qu’on croyait alors résolu restera un problème, à savoir les émissions de gaz à effet de serre. En effet, il va falloir négocier le recours à d’autres sources d’énergies que celle abondamment disponibles, mais si dangereuses à court terme, comme le charbon.

Ce cours extrait d’un essai de quelques paragraphes a toutefois le mérite de conclure une attitude bien nouvelle chez un dirigeant de multinationale : Jeroen Van den Veer appele solennellement à une concertation internationale sur le sujet, incluant évidemment les grandes puissances de la planète (USA, Europe, Chine, Inde) et ce-faisant il se réfère aux conférences de Bali qui, selon ses propres termes, doivent changer de réthorique et passer en mode ‘action’.