Ne vous y meprénez pas : le terme halluciné est ici employé au sens ‘clairvoyant’, ‘lucide’. De là à qualifier JH Kunstler de visionnaire, il n’y qu’un pas que nous nous garderons bien de franchir : Car la fin prochaine de l’abondance des resources en énergies fossiles n’est plus un secret pour personne.

La valeur ajoutée du travail de J.H. Kunstler réside spécifiquement dans l’analyse de ce que l’ère du pétrole pas cher, finissante, apportait à notre civilisation. Car c’est en fait plus qu’un apport : le pétrole et le gaz pas cher sont la base de notre mode de vie. Leur épuisement prochain annonce des changements radicaux, probablement très violents, de nos possibilités de survie. En abordant tous ces sujets essentiels, JH Kunstler montre que son analyse de la période de Long Emergency est probablement l’une des plus réalistes que l’on puisse trouver : son utilisation du terme ‘hallucination’, dans son sens de ‘délire’, pour décrire le fonctionnement de la bulle financière et économique, est un exemple de sa clairvoyance et sa capacité à mettre en évidence les failles de notre mode d’existence basé sur une utilisation frénétique et entropique d’une source d’énergie unique mais en voie d’épuisement.

C’est surtout le caractère du personnage qui nous intéresse : après avoir lu son livre, effrayant tant il est crédible (de surcroit, rédigé au passé, comme l’auteur était certain de déjà sentir les premiers bouleversements), vous pourrez vous délecter, chaque semaine, des visions ‘engagées’ du personnage dans ses chroniques hebdomadaires où il developpe une critique constante de la banlieue américaine, grande fumisterie à l’échelle du continent, intrinsèquement dépendandante de grandes quantités d’énergies pas cher, et donc vouée à la disparition.

Acheter l’ouvrage sur Amazon : JH Kunstler, la fin du pétrole, le vrai défi du XXIe siècle, éditions Plon


Les Commentaires pour cet article :
“James Howard Kunstler, l’halluciné”

  • Commentaire de » Vancouver, Canada : un paradoxe américain

    [...] à la sortie de l’aéroport confirme les pires descriptions du suburban sprawl que décrit James Howard Kunstler  dans ses chroniques : la ville entière est construite pour l’automobile, démesurée, [...]

  • Commentaire de » Vancouver, Canada : un paradoxe américain

    [...] à la sortie de l’aéroport confirme les pires descriptions du suburban sprawl que décrit James Howard Kunstler  dans ses chroniques : la ville entière est construite pour l’automobile, démesurée, [...]

  • Commentaire de » Nouvelles industries, nouveaux métiers

    [...] ne sont pas forcément porteurs de catastrophes répétées, comme le prédisent par exemple  James Horward Kunstler (plus de pétrole)  ou James Lovelock (plus rien à manger) . Souvenez vous de Lester Brown  : à la tête du [...]

Répondez à cet article :

(*) saisie obligatoire