10 avril 2008

BRASILIA, 10 avr 2008 (AFP). Les participants à un Forum pour la souveraineté alimentaire, dont le mouvement paysan international Via Campesina, ont condamné jeudi à Brasilia la production des biocarburants dans les pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

Ce Forum a été organisé en marge de la 30ème Conférence régionale de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui s’ouvre lundi dans la capitale fédérale.

La souveraineté alimentaire désigne le droit des populations, de leurs Etats ou Unions à définir leur politique agricole et alimentaire, sans dumping vis à vis des pays tiers.

“Le problème des biocarburants est non seulement l’utilisation de produits agricoles à des fins autres que l’alimentation mais aussi la quantité d’eau que l’on utilise, les pesticides et la monoculture qui finit par tuer la terre”, a déclaré à à l’AFP Juana Ferrer, représentante de la Confédération nationale des femmes paysannes de la République Dominicaine.

C’est la première fois que les biocarburants figurent au programme de la conférence organisée en marge de celle de la FAO.

“Nous avions déjà des problèmes avec les monocultures de soja en Argentine et au Brésil, avec les fruits en Amérique centrale mais il n’y avait pas cette expansion des biocombustibles”, a dit le responsable du Comité international pour la souveraineté alimentaire (CIP), Mario Ahumada.

Les conclusions du forum du CIP qui se termine dimanche seront présentées à la 30ème Conférence de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes.

Le Brésil, siège des deux rencontres, est avec les Etats-Unis, premier producteur mondial de bioéthanol (à base de canne à sucre).

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a rejeté jeudi à La Haye, en marge d’une visite d’Etat aux Pays-Bas, le lien entre la hausse des prix dans son pays, notamment des produits alimentaires, et la production de biocarburants.

Cette analyse a été soutenue par le représentant de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes pour qui la hausse des prix des produits agricoles en Amérique latine résulte d’une attaque spéculative soutenue par le bas niveau des stocks alimentaires.

“Ce n’est pas une conspiration. La crise actuelle est le produit d’une attaque spéculative”, alors que les sécheresses répétées dans la région et l’augmentation de la demande ont nettement réduit les stocks alimentaires, a assuré jeudi José Graziano lors d’une conférence de presse.