PARIS, 30 mars 2008 (AFP). En matière de lutte contre le changement climatique, “le travail de fond n’est pas fait”, estime l’écologiste Nicolas Hulot dans un entretien au Journal du Dimanche.
“En France comme ailleurs, il manque cette remise en cause du modèle de développement dans lequel on est. Le travail de fond n’est pas fait”, dit-il.
“Pour moi, le seuil critique sera marqué par la conférence sur les changements climatiques de Copenhague, fin 2009. Si la communauté internationale échoue lors de cette échéance, on entrera dans l’irréversible”, affirme-t-il.
Pour l’animateur de télévision, les hommes politiques “sous-estiment la mutation latente, la capacité de l’industrie à s’adapter, la disponibilité de l’opinion. Il y a un manque de créativité et d’audace chez eux”, observe-t-il.
Favorable à la taxe Tobin sur les mouvements de capitaux, il dénonce “à l’échelle planétaire un apartheid qui ne dit pas son nom”.
“On ne peut pas admettre que 70% de la production de richesses dans le monde ne profite qu’à 20 à 30% de la planète (…). Nous sommes condamnés à ce que les Etats interviennent. C’en est fini du libéralisme”, assure-t-il.
D’autre part, il faut selon lui “absolument mettre en place cette écluse fiscale aux frontières, la taxe de Cambridge qui concerne les produits importés de pays qui n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre, qui permettra d’éviter les délocalisations”.
Séduit pas Daniel Cohn-Bendit et Olivier Besancenot, il adresse néanmoins “un encouragement à Jean-Louis Borloo (ministre de l’écologie) et Nathalie Kosciusko-Morizet (secrétaire d’Etat à l’Ecologie) dont on sait bien que le travail est très difficile”.














