Montée en puissance des énergies renouvelables en Chine avec un 12e plan quinquennal « vert »

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Crédit Photo: Kaj17 - Flickr.com

Le 5 Mars 2011 dernier, la Chine a rendu public les grandes lignes de son 12e plan quinquennal pour la période allant de 2011 à 2015.  Il est intéressant de constater qu’en sus des traditionnels objectifs économiques, industriels et commerciaux, un tiers des objectifs annoncés  abordent des questions énergétiques et environnementales.

Devenue la deuxième puissance économique mondiale au cours du deuxième trimestre 2010, on peut parler de surchauffe pour l’économie chinoise qui a connu une croissance moyenne de 10% an cours des vingt dernières années.  L’un des principaux objectifs du 12e plan est donc de freiner la croissance à un niveau de 7% par an et de mettre en avant un modèle de développement plus durable.

En résumé, la Chine projette d’atteindre en 2015 un niveau de consommation d’énergies non-fossiles de 11.4% par rapport à la consommation totale d’énergie (l’objectif est d’atteindre 15% en 2020) et propose d’ajouter une capacité totale de 235GW en énergies renouvelables ou à émissions carbone réduites au cours des cinq prochaines années :

  • Augmentation de 70GW de la capacité en énergie éolienne (elle est d’environ 42GW aujourd’hui).  La Chine est désormais devenue le leader mondial en ce qui concerne la production d’énergie éolienne, avec les bénéfices que cela entraîne au niveau industriel, économique et dans le domaine de l’innovation et de la recherche.
  • Augmentation de 5GW de la capacité en énergie solaire (elle est d’environ 625MW aujourd’hui).
  • Augmentation de 120GW de la capacité en énergie hydroélectrique (elle est d’environ 210GW aujourd’hui).
  • Malgré le récent désastre japonais, la Chine n’abandonne pas son programme nucléaire et prévoit une augmentation de 40GW de sa capacité nucléaire tout en investissant dans des réacteurs de la génération IV.

Dans le même temps, sept nouveaux secteurs stratégiques ont également été identifiés comme moteurs de la croissance future et vont bénéficier de régimes fiscaux spéciaux, de soutien public supplémentaire et d’incitations à l’investissement,  à savoir :

  • Le secteur automobile, et plus particulièrement les véhicules hybrides ou électriques. La Chine est déjà le leader mondial dans le domaine des deux roues électriques avec plus de 100 millions de machines en circulation.  D’ici 2015, le pays espère se doter de 500,000 voitures électriques,  de 200,000 bornes de recharge et va construire plus de 47,000 km de lignes ferroviaires supplémentaires pour ses trains à grande vitesse.
  • La conservation de l’énergie, la protection de l’environnement et toutes les nouvelles technologies appliquées au recyclage.  Le 12e plan poursuit la politique de reboisement chinoise et inclut un accroissement de la couverture forestière de 12.5 millions d’hectares (soit un taux de couverture forestière de 21.66% à l’horizon 2015).
  • Le matériel de production haut de gamme.
  • Les nouveaux matériaux (recherche et matériaux composites)
  • Les technologies de l’information (internet et cloud computing)
  • Les biotechnologies appliquées aux produits pharmaceutiques.
  • Les nouvelles énergies (centrales solaires, éoliennes, hydroélectriques, nucléaires – voir détail ci-dessus)

Même si les secteurs identifiés ne sont pas tous directement liés aux questions environnementales, l’objectif principal demeure l’amélioration de la conservation ou de l’efficacité énergétique et ce dans le but de promouvoir une « décarbonisation » progressive de l’économie chinoise dans son ensemble.  En effet, la Chine continue d’être majoritairement dépendante du charbon pour son approvisionnement énergétique et reste le plus gros pollueur au monde avec une augmentation de 32.5% des émissions de CO2 entre 2006 et 2009.  Le 12e plan s’efforce donc d’inverser la tendance en investissant lourdement dans le secteur des énergies renouvelables.

A l’heure où la France décrète que « l’environnement, ça commence à  bien faire », où les grands thèmes de l’écologie politique n’intéressent pas grand monde à part les Verts et où le bilan 2010 du Grenelle de l’Environnement est très mitigé, la Chine inscrit le développement durable au cœur de sa politique économique à long terme.

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