12 janvier 2009

SAINT-BRIEUC, 12 jan 2009 (AFP). Le projet controversé de centrale thermique fonctionnant aux énergies non renouvelables que GDF voulait implanter près de Saint-Brieuc a été abandonné, a annoncé lundi le président du Conseil général des Côtes d’Armor Claudy Lebreton dans un communiqué.

Lors d’une rencontre à Paris la semaine dernière avec M. Borloo, M. Lebreton a « eu l’assurance que l’Etat ne donnera pas suite à la demande renouvelée d’enquête publique » sur ce projet, censé réduire les risques de panne électrique majeure pour la Bretagne à partir de 2010.

Cette seconde enquête, prévue à l’automne 2008, avait été demandée par le préfet après l’avis d’un expert enquêteur émettant des réserves. Une première enquête publique avait en effet révélé l’existence d’une « zone humide » écologiquement sensible sur le site choisi, amenant GDF à effectuer une étude d’impact écologique.

Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire a simplement confirmé que « la centrale de Ploufragran ne se fera pas en l’état ».

Le ministère a précisé que le ministre Jean-Louis Borloo souhaitait « rencontrer les élus bretons pour évoquer avec eux les questions d’alimentation électrique de la Bretagne », indiquant qu’aucune date n’avait pour l’instant été fixée.

Le projet, d’une capacité de 230 MW, était censé éviter d’éventuelles coupures d’électricité en Bretagne à l’horizon 2010, la région ne produisant actuellement que 7% de l’énergie qu’elle consomme.

GDF, retenu par le Réseau de transport d’électricité (RTE) à l’issue d’un appel d’offres lancé en 2006, avait proposé l’implantation à Ploufragan (Côtes-d’Armor) d’une centrale fonctionnant au gaz et éventuellement au fioul.

C’était, selon GDF, le seul moyen de « produire 120 MW en 14 minutes », délai nécessaire pour faire face à d’éventuels pics de consommation en Bretagne en cas de problème sur le réseau (panne sur une ligne haute tension notamment).

Le projet avait suscité une levée de boucliers des riverains, élus de tous bords et associations écologistes qui critiquaient le fait que la future centrale serait grande consommatrice de gaz et d’eau.

L’abandon du projet « est une excellente nouvelle qui couronne de succès la mobilisation des milieux associatifs et des élus locaux, opposés à un projet de centrale électrique surdimensionnée et inadaptée aux exigences du développement durable », note Claudy Lebreton dans son communiqué.