WASHINGTON, 12 jan 2009 (AFP). Des scientifiques américains ont lancé un nouvel appel lundi pour sauver les forêts tropicales gravement menacées par la déforestation et dont la protection est jugée primordiale pour préserver la biodiversité terrestre et lutter contre le réchauffement climatique.
« Je suis très préoccupé par la situation des forêts tropicales en raison du niveau très élevé de leur destruction », explique William Laurance, un scientifique du Smithsonian Tropical Research Institute à Panama dans un entretien à l’AFP.
L’équivalent de cinquante terrains de football de forêts vierges disparaissent toutes les minutes et cette déforestation se produit dans un contexte de nombreux changements environnementaux, de réchauffement climatique, de fragmentation à grande échelle de l’habitat sauvage tropical, ainsi que de modifications de la pluviosité dans les tropiques, poursuit cet expert.
Il est l’auteur d’un des rapports présentés lundi à un symposium organisé à Washington par le musée national Smithsonian d’Histoire naturelle intitulé: « les forêts tropicales vont-elle survivre? nouvelles menaces et réalités dans la crise d’extinction ».
La déforestation tropicale est responsable d’environ 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, s’accordent à estimer les scientifiques.
Parmi les autres menaces, William Laurance cite la chasse intensive et l’émergence avec la déforestation tropicale de nouveaux pathogènes comme le chytride, un champignon qui tue des centaines d’espèces d’amphibiens.
Selon les experts, la moitié des espèces vivantes pourraient disparaître au cours des prochaines décennies.
« Nous avons aujourd’hui une synergie de ces différentes menaces », explique William Laurance. C’est ainsi qu’avec le réchauffement, végétaux, micro-organismes et insectes dans les tropiques essayent naturellement de se déplacer vers des altitudes plus élevées où les températures sont plus fraîches.
Mais, note William Laurance, très souvent ils ne pourront effectuer cette migration en raison de constructions, de passages de bétail et d’une dégradation de l’environnement.














