8 janvier 2009

BRATISLAVA, 8 jan 2009 (AFP). La Russie ne devrait pas être autorisée à utiliser le gaz comme une arme politique, a déclaré le Commissaire européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia jeudi à Bratislava.

« Nous pouvons utiliser des instruments diplomatiques et prendre des mesures politiques pour que nos partenaires russes ne puissent pas utiliser le gaz comme une arme pour menacer les autres », a-t-il dit au cours d’une conférence.

« Nous pouvons faire cela, sans utiliser de sanctions ou d’autres mesures du même genre », a-t-il dit sans vouloir préciser à quel type de mesures il pensait.

« Nous les Européens, savons que nos économies sont pour beaucoup dépendantes du gaz russe, mais les Russes sont également très conscients que les producteurs de gaz russe sont eux aussi très dépendants de la demande européenne », a-t-il ajouté.

« Nos partenaires russes devraient savoir que nous ne sommes pas prêts à rester passifs », a-t-il dit.

Cependant, le commissaire européen a en même temps refusé de désigner un responsable dans le conflit gazier qui oppose Moscou et Kiev.

« Dans le passé, nous avons appris que la Russie avait parfois utilisé le gaz comme une arme politique, je ne peux pas exclure cela, mais je ne peux pas exclure non plus que l’Ukraine ait une responsabilité » dans la situation actuelle, a-t-il dit.

Moscou a d’abord réduit puis interrompu ses livraisons de gaz à l’Ukraine, une interruption qui affecte désormais au moins 11 pays européens, en plein hiver.

Des négociations directes entre le président du géant gazier russe Gazprom et celui de la société ukrainienne des hydrocarbures Naftogaz ont commencé jeudi à Bruxelles, sous l’égide de la Commission européenne, pour tenter de trouver une issue à leur différend commercial.

« J’ai tendance à penser qu’un accord sera trouvé, ce n’est pas facile, mais il y aura accord », a affirmé M. Almunia à Bratislava.