26 janvier 2009

BRUXELLES, 26 jan 2009 (AFP). Manger moins de viande, limiter les voyages d’affaires, accepter d’avoir chaud en été et froid en hiver: la lutte contre le réchauffement de la planète passe aussi par des changements de comportement, assure une étude présentée lundi à Bruxelles.

« Modifier les habitudes sera difficile », ont reconnu les experts du cabinet de consultants McKinsey dans cette étude présentée en présence du commissaire européen à l’Environnement Stavros Dimas.

Mais ces petits gestes de la vie quotidienne peuvent permettre d’éviter de rejeter dans l’atmosphère entre 3,5 et 5 milliards de tonnes de CO2 d’ici à 2030, assurent-ils.

L’étude recense 200 actions possibles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, dont le CO2, et limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés celsius en 2030.

« Réduire les voyages d’afaires et les déplacements privés, passer du transport routier au rail, accepter de réduire le chauffage ou la climatisation, limiter sa consommation de viande », sont quelques-unes de ces options.

Mais le gros de l’effort doit porter sur l’efficacité énergétique dans les transports et la construction; le développement de sources d’énergies non fossiles –éolien, nucléaire, capture et stockage du CO2, biocarburants– et la lutte contre la déforestation.

« Le coût de l’effort à mener au niveau mondial devrait être de 200 à 350 milliards d’euros par an d’ici à 2030 » et « permettra d’éviter le rejet de 38 milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère » sur cette période, assure l’étude.

Le commissaire Dimas n’a pas endossé l’étude, mais a promis de lui « apporter toute son attention ».

« La Commission va présenter mercredi des propositions et leur financement » pour le sommet de Copenhague sur le Climat en décembre 2009, a-t-il rappelé.

La Commission devrait recommander une augmentation graduelle des investissements avec un objectif: 175 milliards d’euros en 2020, dont 30 milliards pour aider les pays les plus pauvres dans ce domaine.

« Les chiffres de l’étude McKinsey sont compatibles avec les nôtres », a déclaré M. Dimas. « Mais nous ne partageons pas toutes les options, notamment le nucléaire, que nous ne considérons pas comme une source d’énergie renouvelable », a-t-il précisé.