17 décembre 2008

LAGOS, 17 déc 2008 (AFP). La présidente du directoire du groupe français Areva, Anne Lauvergeon, est attendue jeudi au Niger pour des entretiens notamment avec le président Mamadou Tandja sur les activités dans ce pays du numéro un mondial du nucléaire civil, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Officiellement, Mme Lauvergeon se rend au Niger pour participer aux festivités du 50e anniversaire de la proclamation de la république, mais il devrait être surtout question du gisement géant d’Imouraren lors de ses entretiens avec le chef de l’Etat.

Situé dans le nord-est du Niger, ce gisement d’environ 200.000 tonnes d’uranium fait l’objet depuis un an de discussions serrées entre le groupe français, premier employeur privé du pays, et les autorités nigériennes, notamment sur les aspects fiscaux.

Selon des sources proches du dossier, le président Tandja souhaiterait désormais la conclusion d’un accord rapidement.

Imouraren, qui devrait commencer à produire fin 2010 avec une production annuelle initiale de 5.000 tonnes, représente un investissement de départ d’un milliard d’euros, dont une partie devrait être financée par le Niger en tant qu’actionnaire.

Officiellement le permis de recherche expire à fin février, mais il y a déjà une demande de renouvellement pour la recherche et l’exploitation.

« C’est le plus grand gisement d’uranium africain. Nous sommes dans la dernière ligne droite. J’attends avec beaucoup d’intérêt de rencontrer le président Tandja sur le sujet », déclarait dans une interview récente Anne Lauvergeon.

Interrogée dans le même entretien sur les relations tumultueuses entre son groupe et Niamey en 2006 et 2007 (le Niger avait notamment expulsé le responsable local d’Areva), Anne Lauvergeon se veut optimiste: « nous ne faisons pas de politique. Ce que nous essayons de faire, c’est vraiment le développement durable dans un des pays les plus pauvres du monde ».

« Imouraren est un enjeu considérable », avait-elle estimé.

« Quitter le Niger serait pour nous, mais surtout pour le Niger, une vraie catastrophe », concluait-elle.

Environ un tiers de l’électricité d’origine nucléaire en France dépend de l’uranium nigérien.