19 décembre 2008

STOCKHOLM, 19 déc 2008 (AFP). Les pays nordiques ont appelé vendredi à la démission du président zimbabwéen Robert Mugabe, dénonçant ses agissements contraires au respect des droits humains et le jugeant responsable du chaos du pays.

« Les pays nordiques demandent à mettre un terme au mauvais gouvernement de Robert Mugabe ainsi qu’au non-respect des principes démocratiques et des droits humains, problématiques essentielles et à la base de l’engagement nordique », selon un communiqué commun des ministres des Affaires étrangères du Danemark, de la Finlande, de l’Islande, de la Norvège et de la Suède.

« Les autorités au Zimbabwe portent seules la responsabilité de la situation tragique du pays », soulignent-ils.

Les appels au départ de M. Mugabe se sont multipliés dans le monde face à l’effondrement manifeste de toutes les infrastructures d’un pays à l’économie dévastée. Une épidémie de choléra, maladie transmise par les eaux souillées, a en outre fait plus de 1.100 morts depuis août.

Le Zimbabwe, dirigé par Mugabe depuis 1980, vit une situation humanitaire « catastrophique », ont ainsi estimé jeudi les députés européens. Ils ont dénoncé « le refus total du régime Mugabe d’apporter une réponse positive à la crise » au moment où progressent l’épidémie de choléra et la famine.

« Les pays nordiques sont toujours engagés à soutenir la reprise économique et sociale du Zimbabwe avec l’objectif d’un développement durable du pays lorsqu’un gouvernement fiable et crédible sera formé et lorsque des signes tangibles seront visibles dans des secteurs clés, en particulier celui des droits humains », ajoutent les nordiques.

Ils rappellent que le « solide partenariat avec les pays de la région a été historiquement bâti sur une confiance mutuelle, un dialogue et la garantie des valeurs communes » et déplorent ainsi la souffrance du peuple zimbabwéen ainsi que les violences et l’intimidation commises à l’encontre des opposants du régime de Mugabe.

Ils exhortent enfin les partis politique à trouver un accord qui respecte la volonté du peuple exprimé lors des dernières élections en mars.

Le Zimbabwe est plongé dans la paralysie politique depuis la défaite historique du parti au pouvoir depuis l’indépendance en 1980 aux législatives du 29 mars.

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) détient désormais la majorité au Parlement mais le plus vieux chef d’Etat d’Afrique a été réélu en juin lors d’un scrutin présidentiel entaché de violences, dont il était le seul candidat après le retrait de Morgan Tsvangirai.

Le 15 septembre, un accord de gouvernement d’union avait été signé entre MM. Tsvangirai et Mugabe, resté depuis lettre morte en raison de différends sur l’attribution de ministères clés.