PARIS, 9 déc 2008 (AFP). L’ancien leader de mai 68 Daniel Cohn-Bendit et l’ex-président de la République Valéry Giscard d’Estaing ont mené mardi un débat plutôt consensuel sur l’Europe à Paris-Dauphine, où seul le sujet des éoliennes les a clairement divisés.
« C’est quand même lui qui a levé mon interdiction de séjour! », a d’emblée rappelé « Dany le rouge », devant plusieurs centaines d’étudiants « Erasmus », tandis que l’ancien président saluait « un esprit libre ».
Après presque deux heures de débat sur les institutions européennes ou l’Europe dans la crise, les échanges se sont animés quand M. Cohn-Bendit s’est gentiment moqué du combat de l’ex-chef de l’Etat contre les éoliennes. « Là, il fait une fixation! ».
« Vous n’avez pas besoin d’acheter l’uranium pour les centrales nucléaires, le vent, il arrive chez vous! », a argumenté le co-président des Verts au Parlement européen.
« Si les moulins à vent étaient la grande ressource de l’énergie (…), pourquoi les a-t-on démolis pendant la révolution industrielle? », a répliqué VGE.
Ces deux européens convaincus se sont en revanche accordés sur de nombreux autres points, notamment sur les lacunes de la réponse européenne à la crise.
« L’analyse est inexacte. On répond par des mesures sans avoir regardé quelle était la nature de la crise », a regretté Giscard, relativisant le « catalogue des mesures nationales prises par les pays frappés ».
« L’hypocrisie allemande et le manque d’ingéniosité français font que l’Europe est en panne », a renchéri Daniel Cohn-Bendit, pour qui « sans convergence franco-allemande, l’Europe patauge ».
Tous deux souhaitent un débat au niveau européen si la nouvelle administration américaine demande à l’Europe de renforcer son engagement en Afghanistan.
« Il faut que les Européens parlent aux Américains en tant qu’Européens, et non pas en ordre dispersé », a estimé M. Cohn-Bendit.
« La guerre en Afghanistan est une opération qui n’a pas de sens. Il peut y avoir en Afghanistan des actions qui ont un sens. Il faut les définir », a jugé M. Giscard d’Estaing.
« Il est très jeune! », a commenté ensuite devant la presse Daniel Cohn-Bendit. « Sur les éoliennes, il est du passé. Mais il a une vision européenne qui est juste ».
Cependant le leader Verts a pointé des sujets de désaccord: « On n’a pas parlé de la Turquie, ça aurait été encore plus drôle que les éoliennes! ».














