BRUXELLES , 11 déc 2008 (AFP). La Lituanie, obligée de fermer fin 2009 sa centrale de type Tchernobyl, bénéficiera de quotas d’émissions de CO2 supplémentaires si cette fermeture entraîne plus de pollution, selon un compromis sur le plan climatique européen, examiné jeudi et vendredi au sommet.
« Conformément au traité d’adhésion de la Lituanie à l’Union européenne du 1er mai 2004, la centrale d’Ignalina sera fermée fin 2009 », rappelle le projet de compromis sur le plan « énergie-climat », dont l’AFP a eu jeudi une copie.
« S’il se confirme que cette fermeture conduit à un accroissement très substantiel des émissions, la Lituanie pourra bénéficier de droits d’émissions supplémentaires », indique le texte.
Le compromis stipule précisément la règle de calcul de ces éventuels droits supplémentaires alloués à la Lituanie, qui pourra alors les mettre aux enchères et en tirer des revenus.
La Lituanie a réclamé pendant des mois à l’UE la possibilité de repousser la date de fermeture de sa centrale d’Ignalina, allant jusqu’à brandir la menace de mettre son veto au plan climatique européen.
Vilnius a demandé des quotas de CO2 bien plus élevés que ceux qui doivent lui être attribués par l’Union européenne.
La république balte argumente qu’elle ne sera pas capable de respecter les quotas imposés par Bruxelles si elle doit remplacer Ignalina par des centrales classiques.
La centrale d’Ignalina produit 70% de l’électricité de ce pays de 3,4 millions d’habitants. Elle a été construite dans les années 1980, du temps où la Lituanie faisait partie de l’URSS, et est du même type que celle de Tchernobyl en Ukraine, qui a subi un accident majeur en 1986.
La Lituanie et ses voisins baltes, Lettonie et Estonie, veulent construire une nouvelle centrale nucléaire à l’horizon de 2015, mais les experts estiment qu’elle ne pourra commencer à fonctionner que dans les années 2017-2020.
Vilnius craint en outre pour sa « sécurité » énergétique, estimant qu’elle sera trop dépendante de la Russie si elle ferme sa centrale.
A cet égard, la Commission européenne souhaite inscrire dans les projets énergétiques prioritaires de l’Europe « un plan d’interconnexion des Pays baltes », identifiant les infrastructures électriques manquantes pour relier ces pays au reste de l’UE.
Ces infrastructures ayant peu de chances d’attirer des investisseurs privés, Bruxelles aimerait les financer en partie sur des fonds du budget européen non dépensés, ce qui fait déjà grincer des dents certains pays comme l’Italie.
Le Premier ministre lituanien Andrius Kubilius a vivement soutenu cette idée mercredi à Bruxelles, estimant que « l’on voit ici une solidarité européenne très pragmatique, dont on a fortement besoin dans notre région pour résoudre les problèmes de sécurité énergétique ».














