2 décembre 2008

POZNAN (Pologne), 2 déc 2008 (AFP). L’organisation Oxfam assure que 50 mds de dollars peuvent être facilement trouvés chaque année pour soutenir l’adaptation des pays les plus vulnérables aux changements climatiques, sans attenter aux finances publiques des pays industrialisés.

Dans un rapport présenté mardi à Poznan (ouest) en marge de la conférence des Nations unies sur le climat, Oxfam suggère de « Transformer le carbone en or » en mettant aux enchères une partie – 7,5% – des émissions de gaz à effet de serre que les pays développés seront amenés à réduire au titre du futur accord climatique, en cours de négociation.

« Avec ce système, il est possible de mobiliser au moins 50 milliards de USD/an d’ici 2015 sans faire sauter la banque », a expliqué l’auteure principale et experte climat d’Oxfam, Heather Coleman.

Selon les estimations d’Oxfam, à 45 USD/t de carbone, les enchères génèreraient 52 mds USD/an.

Oxfam développe ainsi une proposition émise par la Norvège, a-t-elle souligné.

Oxfam propose également de taxer les émissions dues aux transports aériens et maritimes, qui rapporteraient respectivement 12,4 mds et 16,6 mds USD par an: grands oubliés du Protocole de Kyoto en 1997 mais toujours en plein essor, ces secteurs devraient être inclus dans le prochain accord climat, dont la négociation devra aboutir fin 2009 à Copenhague.

« Il s’agirait de taxer les vols uniquement au départ des pays développés avec des exemptions possibles pour les compagnies des pays en développement et ainsi le système couvrirait 65% du transport aérien et 60% du transport maritime » – qui bénéficierait d’aménagements similaires, a expliqué Mme Coleman.

L’an dernier à Bali, la communauté internationale a jugé impératif de dégager de nouvelles sources de financement pour répondre aux besoins d’adaptation des pays en développement, particulièrement exposés aux sécheresses, inondations et événements extrêmes. Ces besoins sont estimés à 50 mds USD/an selon Oxfam.

En comparaison, le Fonds d’adaptation prévu par Kyoto reste dérisoire: 70M USD à ce jour et 300 à 400 M d’ici 2012. Ce fonds est alimenté par un prélèvement de 2% sur les projets MDP – Mécanismes de développement propre – qui permettent à un pays du nord d’investir au sud dans un projet « vert », en échange de permis d’émissions.