BRUXELLES, 1 déc 2008 (AFP). L’Italie n’est toujours pas en mesure de donner son accord au plan de lutte européen contre le réchauffement climatique et mettra son veto, si nécessaire, a affirmé lundi le ministre italien chargé des politiques communautaires Andrea Ronchi.
« Si le +plan climat+ passe tel quel, il entraînera une augmentation de 17% des factures d’électricité pour chaque Italien », a-t-il expliqué au cours d’un point de presse à Bruxelles, alors que la conférence des Nations unies sur le climat s’est ouverte le même jour à Poznan, en Pologne.
« Nous considérons que ce plan est une erreur. Tel quel, il pénalise notre industrie, augmente les coûts pour les citoyens, menace les emploi et appauvrit l’Italie », a-t-il ajouté.
« Il faut trouver un accord équitable. Dans le cas contraire, l’hypothèse du veto demeure », a-t-il averti.
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi et son homologue polonais Donald Tusk ont obtenu un droit de regard sur la version définitive du plan climat qui, pour être adoptée, nécessitera l’unanimité des 27 au sommet des 11 et 12 décembre à Bruxelles.
Les Européens se sont engagés en mars 2007 sur un triple objectif pour 2020: réduire de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à leurs niveaux de 1990, porter la part des énergies renouvelables à 20% de la consommation et réaliser 20% d’économies d’énergie.
La bataille se livre sur les instruments proposés pour « inciter » les industriels les plus polluants à remplir leurs obligations, notamment l’idée de faire payer chaque tonne de CO2 émise à partir de 2013. Une mesure délicate à faire accepter en pleine crise économique.
« Nous notons avec satisfaction que nous ne sommes pas seuls » à émettre des réserves sur cette proposition, a souligné le ministre italien.
M. Ronchi a exprimé l’espoir que les négociations en cours permettraient de trouver des solutions acceptables.
« Il y a des pas en avant et nous travaillons pour éviter que l’Europe ne se divise », a-t-il assuré.
« Les efforts de l’Italie portent sur deux dossiers: le plan climat et le CO2 des voitures », un projet visant à réduire les émissions des voitures neuves en Europe, a-t-il indiqué.
Interrogé ensuite par l’AFP, M. Ronchi a précisé que l’Italie n’était « pas satisfaite » du compromis en discussion sur les obligations imposées aux constructeurs d’automobiles. Elle rejette les propositions « très pénalisantes » concernant des pénalités prévues pour sanctionner les petits dépassements –inférieur à 3 gramme de CO2 par kilomètre– de l’objectif de réduction fixé.
Andrea Ronchi a par ailleurs déploré l’absence d’unité au sein de l’Union européenne alors que se multiplient les situations de crise.
« (Le Britannique Gordon) Brown va d’un côté, (la chancelière allemande Angela) Merkel d’un autre, (le chef de l’Etat français Nicolas) Sarkozy va de son côté et (le chef du gouvernement espagnol Jose Luis) Zapatero du sien », a-t-il commenté.
« C’est un problème à un moment où l’Union européenne va être de plus en plus appelée à parler d’une seule voix », a-t-il affirmé.














