PARIS, 6 déc 2008 (AFP). François Bayrou, président du Mouvement Démocrate (MoDem), « n’envisage pas » à ce stade de voter le plan de relance économique annoncé jeudi par Nicolas Sarkozy, qu’il juge « insuffisant », et aurait souhaité « un grand emprunt européen », a-t-il déclaré samedi devant la presse.
« Je n’envisage pas aujourd’hui de l’approuver », a déclaré M. Bayrou à l’issue d’un conseil national du MoDem, alors que le texte doit être examiné en janvier à l’Assemblée.
« Ca peut évidemment bouger », a ajouté le député des Pyrénées-Atlantiques. Mais il a pointé « une orientation extrêmement dangereuse » qu’il n’approuvera « en aucun cas »: le relèvement du seuil à partir duquel un marché public peut être conclu sans appel d’offres.
« On ne peut pas se servir de la crise pour faire sauter les règles qui permettent de se défendre contre le gaspillage d’argent public, la corruption et l’arbitraire », a-t-il affirmé.
Pour le leader centriste, « on aurait dû mettre sur la table l’idée d’un grand emprunt européen, de 3% du PIB (…), dans lequel chaque Etat aurait été libre de puiser pour conduire ses politiques de relance ». Il y aurait ainsi eu « mutualisation du risque », « réflexion en commun » et « une démarche européenne qui manque profondément ».
Il a ironisé sur la nomination du secrétaire général de l’UMP Patrick Devedjian au poste de ministre chargé de la mise en oeuvre du plan de relance: « dans une politique de développement durable, la question du recyclage est une question très importante », a-t-il lancé.
A la place de la prime à la casse automobile de 1.000 euros, « nous aurions préféré une aide très substantielle à la recherche et au développement », a-t-il dit.
M. Bayrou a par ailleurs jugé la décision de supprimer les charges pour les embauches en 2009 dans les très petites entreprises, pour les salaires jusqu’à 1,6 fois le Smic, très différente de sa proposition de campagne présidentielle sur deux emplois sans charge par entreprise.
Il s’agissait de « tout type d’emploi », alors que « là on fait une trappe à bas salaires de plus », « ce n’était pas pendant un an mais cinq ans », et « pour tout type d’entreprise ce qui évitait les effets de seuil ».
L’ex-candidat à la présidentielle a en outre estimé qu' »évidemment, le bouclier fiscal était à mettre en cause ».
L’ex-ministre de l’environnement Corinne Lepage, vice-présidente du MoDem, a pour sa part regretté que ce « mini plan » soit « si peu fléché sur la croissance verte ».














