12 novembre 2008

NEW YORK, 12 nov 2008 (AFP). L’objectif d’une indépendance énergétique des Etats-Unis, premier consommateur d’énergie de la planète, est « irréaliste », a jugé mercredi le PDG du groupe pétrolier Chevron David O’Reilly.

« L’idée que nous puissions nous isoler est irréaliste. Nous ne sommes pas découplés, nous sommes couplés » au reste du monde, a déclaré M. O’Reilly, lors d’un déjeuner à New York à l’Institut des relations internationales (CFR).

La notion d' »indépendance énergétique » masque la notion de « sécurité » nationale, selon M. O’Reilly, en faisant écho à l’un des thèmes majeurs de la campagne présidentielle aux Etats-Unis.

« Nous importons du pétrole de pays que nous jugeons instables ». Mais « nous pourrions importer de pays +fiables+ », a-t-il fait remarquer, citant en exemple le Canada. Et d’en conclure: « nous ne sommes pas tenus à l’indépendance » énergétique.

Le PDG de l’un des plus gros groupes pétroliers mondiaux a appelé M. Obama à « une nouvelle politique énergétique », qui devra être élaborée « de manière coordonnée » avec les acteurs du secteur.

Dans ce cadre, M. O’Reilly a plaidé pour le développement simultané de plusieurs sources d’énergie, seul moyen, selon lui, de répondre à la croissance attendue de 40% de la demande mondiale d’ici 2030.

« La solution est-elle dans le forage » intensif sur le sol américain? « Nous ne pourrons pas, il n’y a pas assez de ressources ».

Pour M. O’Reilly, « il n’y a pas de réponse rapide et facile » au problème de la demande, « il faut être réaliste ».

« Nous ne voulons plus du carbone mais nous avons peur du nucléaire. Nous espérons pouvoir développer de nouvelles technologies qui nous permettront d’utiliser des énergies renouvelables, mais ces nouvelles technologies prennent du temps. Au cours de la prochaine décennie, 80% de l’offre énergétique proviendra encore du pétrole et du gaz », a-t-il résumé.

« Ce n’est pas une question de choisir entre le charbon ou le vent, le pétrole ou le nucléaire: nous avons besoin de tout ».

Le PDG de Chevron a aussi souligné l’importance des économies d’énergie. « Nous sommes parvenus à doubler notre efficacité énergétique ces 40 dernières années, il n’y a pas de raison que nous ne puissions pas en faire autant au cours des 40 prochaines ».