15 novembre 2008

LA HAYE, 15 nov 2008 (AFP). Quatre-vingt-deux militants de l’organisation écologiste Greenpeace qui protestaient contre la construction à Rotterdam d’une centrale électrique fonctionnant au charbon ont été interpellés samedi, a annoncé la police.

Trente-deux s’étaient enchaînés à des engins et à des grues sur le chantier de la centrale de la compagnie E.ON, qu’ils considèrent comme dangereuse pour le climat. Ils ont dû être détachés par la police.

Selon une porte-parole de la police, Mignon van der Laan, les militants qui appartiennent à différentes nationalités ont été interpellés pour entrée illégale sur le site. Ils devaient tous être remis en liberté dans la soirée, selon elle.

Cinquante ont été verbalisés. Les 32 autres recevront prochainement une assignation à comparaître, a précisé la porte-parole.

Trois journalistes ont été également verbalisés pour entrée illégale.

Installés depuis vendredi soir sur le site de Maasvlakte, le navire de Greenpeace Rainbow Warrior ancré à proximité, les militants entendaient protester contre le « désastre climatique prévisible » qui résulterait de la construction de la centrale, selon l’organisation écologiste.

« Les conséquences pour le climat seraient tellement dramatiques qu’il faut une action urgente maintenant », avait déclaré Meike Baretta, chef de la campagne Energie et Climat lancée par Greenpeace.

Le charbon est, selon Greenpeace, responsable d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre.

« Les usines électriques alimentées au charbon mettent en péril l’objectif européen de diminuer de 30% les gaz à effet de serre en 2020. Il faut abandonner le charbon si on veut sauver le climat », affirme M. Baretta.

E.ON affirme en revanche que l’usine est conforme aux lois néerlandaises de protection de la nature.

« Bien sûr, nous ne pouvons pas nier que les centrales électriques émettent du dioxide de carbone, mais nous faisons tout pour qu’elles soient le plus propre possible », a déclaré à l’AFP Hans Schoenmakers, porte-parole de la compagnie. « Il faut bien produire de l’électricité, et elle ne peut pas toute venir de l’énergie solaire ou éolienne », a-t-il dit.

Des militants de 18 nationalités ont participé à la protestation, selon un porte-parole de Greenpeace, notamment des Allemands, Autrichiens, Canadiens, Britanniques, Suisses et Néerlandais.