BRUXELLES, 4 nov 2008 (AFP). L’Union européenne doit se doter d’une véritable stratégie pour répondre à ses besoins en matières premières rares, en combinant efforts diplomatiques, recyclage, et facilités d’extraction, a préconisé mardi le commissaire européen à l’Industrie, Günter Verheugen.
« Nous devons agir pour assurer que l’accès des entreprises aux matières premières ne soit pas entravé », résume M. Verheugen, en tablant sur deux années de travail pour définir une stratégie européenne.
Pour certains métaux de haute technicité – comme le cobalt, le platine, le titane – l’UE est très dépendante des importations – jusqu’à 100% – et l’accès à ces matières premières devient de plus en plus difficile.
Parallèlement, en Europe, les procédures sont parfois lourdes pour accéder à certains minerais dans des zones protégées.
Les Européens devront recourir davantage au recyclage à l’avenir, prône la Commission, soulignant que de nombreux produits en fin de vie sont illégalement exportés en dehors de l’UE, donc non recyclés.
Le recyclage contribue aussi à l’efficacité énergétique. La fusion de l’aluminium de récupération utilise ainsi seulement 5% de l’électricité nécessaire à la fusion primaire.
La Chine et l’Inde sont très actives dans certains pays africains afin de s’assurer un accès privilégié aux matières premières, déplore M. Verheugen, qui rappelle que « les pays européens sont les principaux partenaires des pays africains ».
Il existe plus de 450 restrictions à l’exportation portant sur plus de 400 matières premières différentes (métaux, bois, cuirs, peaux), recense également la Commission. Ainsi, les droits à l’exportation imposés par la Russie sur certains bois « faussent le commerce et ont déjà affecté des milliers d’emplois dans la filière bois en Europe », souligne Bruxelles.
Les ressources rares se situent de plus en plus dans des régions instables. Et pour de nombreuses matières premières essentielles, l’extraction se limite à quelques pays.
La Chine produit ainsi tous les minerais terrestres rares utilisés dans les appareils électroniques portables, le Brésil produit 90% du niobium, nécessaire aux alliages en acier des gazoducs, l’Afrique du Sud produit 79% de tout le « rhodium » (filtres catalytiques des voitures).














