25 novembre 2008

PARIS, 25 nov 2008 (AFP). Les principaux producteurs européens d’électricité ont produit 800 millions de tonnes de CO2 en 2007, soit 3% de plus que l’année précédente, en raison d’une hausse de la production d’électricité et d’un plus fort recours aux énergies fossiles, selon une étude du cabinet PWC publiée mardi.

Par rapport à 2001, les émissions de dioxyde de carbone des 22 plus grands groupes d’électricité en Europe ont augmenté de 46 millions de tonnes (Mt), soit une hausse de 6%.

Les trois électriciens ayant connu la plus forte progression de leurs émissions en 2007 sont le groupe tchèque CEZ (+29%) et les groupes allemands EON (+10%) et RWE (+3%).

Ces augmentations d’émissions s’expliquent par une hausse de production d’électricité combinée à un changement du « mix énergétique » (moindre recours au nucléaire et aux énergies renouvelables et plus forte utilisation du charbon, du gaz et du pétrole).

Les principaux émetteurs de CO2 en Europe sont respectivement l’allemand RWE (147 Mt), le français EDF (94Mt), l’allemand EON (87Mt), le suédois Vattenfall (74Mt) et l’espagnol Endesa (64Mt).

Premier producteur européen d’électricité, EDF est cependant un des groupes qui émet le moins de CO2 par mégawatt/heure (MWh) produit. A 145 kilo de CO2 par MWh, le français figure en cinquième position des électriciens ayant le plus faible « facteur carbone ».

La moyenne européenne est de 373 kilos de CO2 par MWh, en hausse par rapport à 2006 (367 kg CO2/MWh).

Selon Olivier Muller, du cabinet PricewaterhouseCoopers (PCW), les émissions de CO2 des électriciens européens devraient encore progresser en 2008, du fait d’une météo plus rigoureuse que l’an passé.

« La fin de l’année 2008 devrait consommer beaucoup d’énergie et donc voir les émissions augmenter », a-t-il déclaré mardi au cours d’un débat.

Malgré cette détérioration du « facteur carbone » des électriciens européens, le cabinet PWC estime qu’il « reste possible » de réduire les émissions de CO2 de moitié par rapport à leur niveau de 2006.

Il préconise pour cela d’augmenter à 50% la part d’énergies renouvelables et de nucléaire dans la production d’énergie primaire, d’accélérer les efforts « d’efficacité énergétique » et de recourir à la technologie de capture de CO2 pour les centrales à charbon.