6 novembre 2008

VIENNE, 6 nov 2008 (AFP). L’Autriche ne parviendra pas à réaliser ses objectifs de Kyoto de réduction des gaz à effet de serre de 13% d’ici 2012, par rapport à leur niveau de 1990, sans mettre rapidement en oeuvre des mesures draconiennes dans le pays même, a affirmé jeudi la Cour des comptes autrichienne dans un rapport.

Même avec l’exploitation au maximum des mesures telles que le rachat de crédits d’émissions issus de projets réalisés dans des pays tiers « il faudra mettre en oeuvre rapidement de façon plus intensive des mesures sectorielles efficaces au niveau national pour réduire les émissions de gaz à effet de serre », averti la Cour des comptes.

Les experts de la Cour rappellent ainsi que tous les moyens financiers dépensés pour l’achat de tels crédits d’émissions, certes autorisés par le protocole de Kyoto, ne représentent pas des économies mais bien des sommes à dépenser en plus des efforts à fournir au niveau national pour atteindre les objectifs.

En outre, les investissements faits dans quelques années pour réduire ces émissions de CO2 et autres gaz contribuant au réchauffement climatique reviendront « forcément plus cher » au budget de l’Etat que si on les mettait en oeuvre immédiatement, insistent encore les experts.

Selon l’opposition écologiste des Verts autrichiens, le gouvernement dépense actuellement « plus d’un demi-milliard d’euros à l’étranger pour acheter ces permis de polluer ». « C’est de l’argent perdu », selon la porte-parole pour les questions environnementales des Verts, Christiane Brunner, sans parler des amendes qu’il va falloir payer à la Commission européenne pour non respect des engagements.

« Cet argent pourrait en revanche servir à des investissements intelligents dans l’innovation en matière d’énergies renouvelables et d’économie d’énergie », ajoute-t-elle.