LONDRES, 24 oct 2008 (AFP). Le pétrole finissait les échanges européens en perdant plus de trois dollars, après avoir touché de nouveaux plus bas depuis plus d’un an, vendredi, le marché craignant que la baisse de l’offre décidée par l’Opep ne compense pas le ralentissement de la demande.
Vers 16H00 GMT (18H00 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre s’échangeait en baisse de 3,47 dollars à 62,45 dollars sur l’InterContinental Exchange (ICE) de Londres.
Pendant ce temps, le baril de « light sweet crude » pour livraison en décembre perdait 3,26 dollars à 64,50 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).
Le prix du Brent est tombé vers 11H30 GMT à 61 dollars exactement, un nouveau plus bas depuis mars 2007, tandis que le baril de light sweet crude pour la même échéance a dégringolé à 62,65 dollars vers 13H30 GMT, un plus bas depuis mai 2007.
Le marché « craint que la baisse ne soit pas suffisante pour compenser le ralentissement de la demande », a commenté Peter Fertig, analyste de Dresdner Kleinwort.
Les ministres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) réunis à Vienne ont décidé vendredi de réduire leur production de brut de 1,5 million de barils par jour à partir du 1er novembre, a annoncé le ministre du Pétrole de l’Arabie Saoudite, Ali al-Nouaïmi.
Cette réunion des ministres du pétrole du cartel avait été convoquée dans l’urgence, pour trouver les moyens d’enrayer la chute des cours du baril de brut qui a perdu plus de 50% de sa valeur depuis juillet dernier.
La conférence a décidé de baisser son plafond de production actuel « de 1,5 million de barils par jour pour le faire passer de 28,8 mbj à 27,3 mbj », a poursuivi le ministre saoudien.
Il a ajouté qu’une deuxième baisse n’était pas envisagée ultérieurement pour l’instant. Le ministre a précisé que la baisse serait répartie proportionnellement entre les pays de l’Opep en fonction de leur niveau de production.
L’Opep a également invité vendredi les pays non-membres du cartel, en particulier la Russie, à se joindre à la baisse de la production, avec malgré tout peu de chances de les convaincre en dépit d’un rapprochement diplomatique avec Moscou, selon des analystes.
Par ailleurs, la force retrouvée de la monnaie américaine, qui est passée sous 1,25 dollar pour un euro vendredi, a participé au renforcement de cette tendance baissière forte, les investisseurs s’éloignant des matières premières, libellées en dollars, vers lesquelles ils s’étaient précipités en début d’année.
Les mouvements de retrait des matières premières depuis le début de la crise financière, en août, s’expliquent par le désir des investisseurs de revenir vers les valeurs les plus résistantes (dollar, yen, bons du Trésor américain), et par le besoin de liquidités découlant des tensions persistantes sur le marché du crédit.
Du côté de la demande de pétrole, les perspectives moroses de la croissance mondiale font craindre aux investisseurs qu’elle ne flanche fortement, non seulement dans les pays développés mais également dans les économies émergentes.














