24 octobre 2008

LONDRES, 24 oct 2008 (AFP). Le pétrole baissait vendredi, tombant à ses plus bas niveaux depuis plus d’un an, après la décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de baisser sa production de 1,5 million de barils par jour (mbj), soit moins que la réduction attendue par certains.

Le prix du baril de Brent de mer du Nord pour livraison en décembre, coté sur l’InterContinental Exchange (ICE) de Londres, est tombé vers 11H30 GMT à 61 dollars exactement, un nouveau plus bas depuis mars 2007.

Au même moment, le baril de « Light Sweet Crude » américain pour la même échéance a dégringolé à 62,85 dollars, un plus bas depuis mai 2007.

Les ministres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) réunis à Vienne ont décidé vendredi de réduire leur production de brut de 1,5 million de barils par jour à partir du 1er novembre, a annoncé le ministre du Pétrole d’Arabie Saoudite, Ali al-Nouaïmi.

Cette réunion des ministres du pétrole du cartel avait été convoquée dans l’urgence, pour trouver les moyens d’enrayer la chute des cours du baril de brut qui a perdu plus de 50% de sa valeur depuis juillet dernier.

La conférence a décidé de baisser le plafond de production actuel « de 1,5 million de barils par jour pour le faire passer de 28,8 mbj à 27,3 mbj », a poursuivi le ministre saoudien.

Il a ajouté qu’une deuxième baisse n’était pas envisagée ultérieurement pour l’instant. Le ministre a précisé que la baisse serait répartie proportionnellement entre les pays de l’Opep en fonction de leur niveau de production.

« Le marché est soulagé par cette baisse, qui coupe la poire en deux, pour des spéculations qui intégraient dans les cours une baisse comprise entre 1 et 3 millions de barils » commentait Veronica Smart de l’Energy Information Centre.

« Couplé avec le regain du billet vert qui a marqué de nouveaux plus hauts impressionnants face à l’euro et à la livre sterling, ce sentiment donne un cadre propice à la persistance de la tendance baissière » ajoutait l’analyste.

La force retrouvée de la monnaie américaine, qui est passée sous 1,25 dollar pour un euro vendredi, éloigne les investisseurs des matières premières, libellées en dollars, vers lesquelles ils s’étaient précipités en début d’année.

Les mouvements de retrait des matières premières depuis le début de la crise financière, en août, s’expliquent par le désir des investisseurs de revenir vers les valeurs les plus résistantes (dollar, yen, bons du Trésor américain) et le besoin de liquidités en raison des tensions persistantes sur le marché du crédit.

Du côté de la demande de pétrole, les perspectives moroses de la croissance mondiale font craindre aux investisseurs qu’elle ne flanche fortement, non seulement dans les pays développés mais également dans les économies émergentes.

« Les craintes de récession continuent de hanter le marché alors que les conditions difficiles sur le marché du crédit mettent en péril les projets de développement énergétique et pourraient à terme soutenir les prix » commentait Nimit Khamar du cabinet Sucden.