ISLAMABAD, 28 oct 2008 (AFP). L'Allemagne est prête à aider le Pakistan à surmonter ses problèmes économiques et en matière de sécurité, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, attendu mardi à Islamabad, dans une interview à un journal pakistanais.

"Mon pays est concerné par la stabilisation et le développement durable du Pakistan (...) L'Allemagne aimerait assister les Pakistanais et le gouvernement démocratique nouvellement élu en ces temps difficiles", a déclaré M. Steinmeier au quotidien en langue anglaise The News.

Le ministre allemand a estimé que la lutte contre l'extrémisme devait s'accompagner d'une aide au développement économique des régions en proie aux violences.

"Vous n'arrêterez pas Al-Qaïda en creusant un puits, mais vous pouvez aider à réduire l'extrémisme si vous donnez des perspectives d'emploi aux jeunes et à ceux qui ne sont pas allés à l'école, dans la région frontalière", a-t-il souligné.

Le Pakistan est en proie à d'énormes difficultés, liées à la fois à sa situation économique et à l'activité de groupes islamistes liés au réseau Al-Qaïda, implantés dans les régions du nord-ouest du pays qui bordent l'Afghanistan.

Islamabad a demandé récemment l'ouverture de discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), en reconnaissant avoir besoin de quatre milliards de dollars pour éviter la cessation de paiement.

M. Steinmeier a souhaité aider le Pakistan face à ses problèmes "à court terme", mais aussi contribuer, "à long terme, au renforcement de l'Etat de droit, des droits de l'homme et de la société civile".

Il a souligné en outre que la lutte contre l'extrémisme devait passer par une coopération entre l'Afghanistan et le Pakistan, mais que celle-ci ne pouvait être "imposée depuis l'étranger".

En Afghanistan, l'Allemagne participe à la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan, avec des effectifs qui doivent être portés prochainement à 4.500 hommes.

Le ministre allemand doit rencontrer à Islamabad le président Asif Ali Zardari et son homologue pakistanais Shah Mehmood Qureshi. Il doit également se rendre en Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis.