ROME, 21 oct 2008 (AFP). Le plan européen de lutte contre le changement climatique risque, en raison de son coût, de pousser les entreprises italiennes à se délocaliser, a mis en garde mardi la ministre italienne de l’Environnement Stefania Prestigiacomo, dans une interview au quotidien Il Sole-24 Ore.
« Le risque principal est la délocalisation et même des pays comme l’Allemagne ont soulevé ce problème », a-t-elle dit, affirmant que « tous les secteurs manufacturiers sont menacés ».
L’Italie est l’un des pays les plus réticents au plan climat de l’Union européenne.
Selon Mme Prestigiacomo, l’UE devra faire preuve de « plus de souplesse pour obtenir des résultats importants pour l’environnement mais à moindre coût » frais ».
« Pour parvenir à une solution équitable il faudra un accord global, comprenant également les pays concurrents non européens », a estimé Mme Prestigiacomo.
L’UE s’est fixée comme objectifs pour 2020 de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre, de parvenir à 20% d’énergies renouvelables dans la consommation et à 20% d’économies d’énergie.
Pour les réaliser, l’industrie lourde de l’UE doit réduire de 21% ses émissions de CO2 par rapport à leurs niveaux de 2005 et chaque pays doit remplir des objectifs nationaux visant à réduire de 10% les émissions des transports, de l’agriculture, du chauffage pour les bâtiments et des déchets.
L’Italie estime que ces mesures coûteraient environ 18 milliards d’euros par an à son industrie, un chiffre inacceptable pour Rome en raison de la crise.
La Commission de Bruxelles conteste ces données et a accepté lundi, à l’issue de la réunion des ministres de l’Environnement au Luxembourg, la création d’un groupe de travail avec les experts italiens pour vérifier l’ensemble des chiffres.














