3 octobre 2008

PARIS, 3 oct 2008 (AFP). Les industriels de l’isolation et les associations écologistes s’insurgent contre un amendement au projet de loi Grenelle porté par Patrick Ollier, président UMP de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, estimant qu’il favorisera le chauffage électrique dans les constructions neuves.

S’il était adopté, cet amendement, visant à modifier la définition du seuil énergétique pour les constructions neuves, se traduirait par une consommation d’énergie primaire autorisée au moins deux fois plus élevée que le seuil de 50 kwh par mètre carré et par an retenu à partir de 2012, s’inquiètent dans un communiqué les associations Isolons la terre contre le CO2, négaWatt et le collectif Effinergie.

Cet amendement précise que « pour les énergies qui présentent un bilan avantageux en termes d’émissions de gaz à effet de serre, ce seuil sera relevé à raison inverse des émissions de gaz à effet de serre générées par l’énergie utilisée ».

Selon les industriels de l’isolation, la source d’énergie ainsi favorisée est l’énergie électrique, censée être moins polluante en France à cause de son origine nucléaire, et il s’agit ainsi de « ne pas handicaper le chauffage par convecteurs électriques qui représentent 80% de la construction neuve ».

Ils estiment que cet amendement permettra de construire des bâtiments neufs équipés de chauffage électrique énergivore et moins bien isolés.

Cet amendement « vient menacer toute la cohérence du Grenelle pour les bâtiments », s’inquiètent les industriels concernés qui militent pour la construction de logements basse consommation et super isolés.

Les associations écologistes Réseau action climat, Les amis de la terre, Greenpeace, WWF et le Comité de liaison énergies renouvelables (Cler), y voient de leur côté « une nouvelle tentative pernicieuse d’affaiblir la réglementation sur la consommation d’énergie des bâtiments ».

Cet amendement « pourrait se traduire dans les faits par un seuil de consommation d’énergie de 140% plus élevé que celui proposé lors de la table ronde finale du Grenelle de l’environnement d’octobre 2007 », indiquent-elles dans un communiqué.

« Contrairement à des idées trop répandues, le chauffage électrique est fortement émetteur de gaz à effet de serre et coûte cher à la société et aux familles les plus modestes en particulier », ajoutent-elles.