FREETOWN, 1 sept 2008 (AFP). Une organisation de protection de l’environnement influente en Sierra Leone a appelé lundi le gouvernement à « imposer de nouveau l’interdiction d’exporter le bois de construction » qui avait été levée en juillet.
« Avec moins de 5% de surfaces boisées restant dans le pays, la décision prise par le ministre de Sylviculture (Sam Sesay) de lever l’interdiction sera désastreuse pour l’environnement et mènera à une sévère pénurie de bois de construction sur le marché local », avertit l’ONG Environmental Forum for Action (Enforac) dans un communiqué diffusé dans la presse locale.
Pour cette organisation, la levée de l’interdiction « menace la riche biodiversité de 3.000 plantes » ainsi que « plusieurs espèces de mammifères, de reptiles et d’oiseaux qui ne pourraient jamais être remplacées ».
L’ONG se montre également préoccupée par le développement de l’industrie du bois, en citant l’installation récente en Sierra Leone des bureaux d’une compagnie chinoise d’abattage de bois, Taakor Tropical Hardwoods, « malgré la faiblesse des surfaces boisées restant encore dans le pays ».
Les sociétés de Chine et du Sud-Est asiatique dominent le marché d’exploitation du bois dans cet Etat d’Afrique occidentale, au détriment de petits groupes locaux, ce qui a engendré bien des frictions, constatent les observateurs.
Bien que les chiffres des exportations de bois de construction soient très discutés, les rapports du ministère du Commerce ont établi que 20 millions de dollars de matière première avait été exporté l’an dernier vers les pays d’Extrême-Orient.
Des organisations de protection de l’environnement ont cependant estimé que le double est passé en contrebande à travers les frontières avec la Guinée et le Liberia pour être réexporté.














