MONTRÉAL, 9 sept 2008 (AFP). Une soixantaine de personnalités canadiennes, dont quatre anciens Premiers ministres, sont intervenues mardi dans la campagne électorale pour réclamer une action « plus musclée » contre les changements climatiques et dénoncer l’inaction de leur pays dans ce domaine.
Dans une lettre ouverte intitulée « changements climatiques: il est temps d’agir », ces personnalités jugent que le défi du changement climatique « exige des efforts plus grands que ceux consentis jusqu’ici ».
Parmi les signataires figurent les écrivains Margaret Atwood et Michael Ondaatje, les anciens Premiers ministres canadiens Joe Clark, John Turner, Kim Campbell et Paul Martin, ainsi que des universitaires et des représentants du monde des affaires.
Ces personnalités exigent des « actions canadiennes plus sérieuses contre les changements climatiques », alors que le Canada vient d’entrer en campagne électorale pour des législatives anticipées, le 14 octobre prochain.
Les signataires estiment que pour « éviter les conséquences les plus graves des changements climatiques, les émissions (de gaz à effet de serre) devront être réduites de plus de la moitié, et peut-être même de plus de 80% d’ici 2050 ».
Ils se prononcent aussi pour la mise en place d’une bourse du carbone, d’un système de taxation des émissions ou d’une combinaison des deux, en fixant le prix de la tonne de carbone à au moins 30dollars.
« Je suis très préoccupé par le manque de leadership d’Ottawa dans le dossier des changements climatiques. Nous sommes à la remorque de pays comparables », a déclaré l’ancien Premier ministre conservateur Joe Clark.
Malgré des années de consultations et différents programmes gouvernementaux, les émissions de gaz à effet de serre du Canada, loin de diminuer, ont augmenté de plus de 25% depuis 1990, souligne la lettre ouverte.
« Si nous nous croisons les bras en attendant que les autres agissent, les changements climatiques vont continuer à prendre de l’ampleur, nous allons perdre l’occasion d’élaborer nos propres solutions et nous aurons renié nos responsabilités envers le monde », ajoutent les signataires, en affirmant que les Canadiens ont un choix à faire et doivent le faire maintenant.
L’appel se veut non-partisan en cette période électorale et ne se prononce pas sur les programmes des différents partis.
Le Sierra Club du Canada a toutefois publié un classement qui attribue la plus mauvaise note au parti conservateur au pouvoir. Le gouvernement de Stephen Harper soutient que le Canada ne pourra atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre que lui fixe le protocole de Kyoto, signé par les libéraux au pouvoir avant lui.














