10 septembre 2008

RIO DE JANEIRO, 10 sept 2008 (AFP). La température en Amazonie brésilienne pourrait augmenter de deux degrés Celsius dès 2010 et les pluies diminuer jusqu’à 10% d’ici à 2040, selon une étude scientifique diffusée mercredi.

Ce scénario ajoute de sombres perspectives sur la forêt amazonienne à des prévisions antérieures qui faisaient état d’une « savanisation » de la région, considérée comme presque inévitable par certains spécialistes si le taux de déforestation se maintenait au rythme actuel.

Selon de récentes estimations, entre juillet 2007 et juillet 2008, la déforestation a augmenté de 11.224 Km2 à 12.000 km2 (soit environ 800 km2 de forêt en moins), essentiellement en raison de la production de cultures de soja et de l’élevage de bovins.

Le Brésil est le quatrième principal pays émetteur de gaz à effets de serre dont 75% trouvent leur origine dans la déforestation.

« Cette recherche vise à identifier les zones vulnérables aux changements climatiques, dans le but d’adopter des politiques d’adaptation », a déclaré à la presse le scientifique Carlos Nobre de l’Institut national de recherches spatiales (Inpe), l’un des plus grands spécialistes du monde de l’Amazonie.

L’étude réalisée par l’Inpe s’est concentrée sur les Etats amazoniens du Para et du Maranhao, et fondée sur trois périodes de référence : de 2010 à 2040, de 2041 à 2070 et de 2071 à 2100.

Selon ce document, la température s’élèverait jusqu’à 2 degrés Celsius de 2010 à 2040 avec une réduction des précipitations de 10% dans la période, et devrait atteindre jusqu’à 4 degrés de 2041 à 2070 avec un taux pluviométrique qui pourrait baisser jusqu’à 20%.

De 2071 à 2100, la température augmenterait de 7 degrés. Selon M. Nobre « les pluies seront plus rares mais plus intenses avec des risques d’inondations et il y aura une aggravation des périodes de sécheresse, ce qui représente un +stress+ pour l’environnement ».