LE HAVRE, 10 juil 2008 (AFP). Gaz de Normandie (GDN), une filiale de Poweo, a confirmé jeudi son intention de construire un terminal méthanier à Antifer, près du Havre, malgré les vives critiques suscitées par ce projet au cours du débat public qui s’est déroulé à l’automne.
D’un coût de 500 millions d’euros, cette installation devrait avoir une capacité de neuf milliards de m3 de gaz naturel liquéfié (GNL) qui sera acheminé par bateau depuis les zones d’extraction. « Nous avons besoin de nouveaux points d’entrée de gaz en France pour assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique du pays », a déclaré Charles Beigbeder, président de GDN et de Poweo, lors d’une conférence de presse.
Il a également fait valoir qu’une telle installation qui pourrait voir le jour en 2012 devrait créer 80 emplois permanents et fournir du travail à plusieurs centaines d’ouvriers durant la phase de construction qui s’étendrait de 2009 et 2012.
Par rapport au projet initial, la localisation du terminal a été déplacée de 600 mètres pour éloigner la zone de danger d’une plage fréquentée l’été, comme le recommandait la Commission nationale du débat public (Cndp). « Nous nous sommes efforcés de tenir compte de l’existence d’une dualité d’activités sur le site avec un port pétrolier qui fonctionne depuis 35 ans et du tourisme », a ajouté M. Beigbeder.
Le président de Poweo, a précisé qu’une instance de « concertation » serait mise en place pour réunir les différents acteurs concernés par le projet, sous l’égide du sous-préfet du Havre.
Les milieux économiques se sont réjouis de cette décision, en particulier le Port autonome du Havre, gestionnaire d’Antifer, tandis que les opposants qui ont manifesté parfois bruyamment durant le débat public ont assuré ne pas baisser les bras. « Ce projet, qui vise à consommer plus d’énergie pour vendre plus, est en contradiction complète avec le Grenelle de l’environnement », a déclaré François Auber, le maire DVG de Saint-Jouin Bruneval dont dépend Antifer.
Deux autres projets comparables ont fait l’objet d’un débat public à l’automne dernier sur le littoral français. Dans les deux cas, les entreprises candidates, le Néerlandais 4Gas à Bordeaux et EDF à Dunkerque, ont confirmé ces dernières semaines leur projet.














