LONDRES, 7 juil 2008 (AFP). Le gouvernement britannique a annoncé lundi qu’il allait ralentir l’adoption des biocarburants, après la publication de rapports dénonçant l’impact négatif sur la hausse des prix alimentaires voire même le réchauffement climatique.
« J’estime judicieux d’adopter une attitude plus prudente jusqu’à ce que les effets sociaux et environnementaux des biocarburants soient connus avec plus de clarté », a indiqué la ministre des Transports, Ruth Kelly, à la Chambre des Communes.
« Nous devons également donner le temps à des technologies plus durables dans l’élaboration des carburants de voir le jour… Il faut agir avec prudence jusqu’à ce que nous soyons certains que la croissance et l’utilisation (des biocarburants) maximisent les bénéfices et minimisent les risques », a ajouté Mme Kelly.
Cette déclaration intervient peu après la publication d’un rapport de la Banque mondiale qui accuse le développement des biocarburants d’avoir provoqué une hausse des prix alimentaires de 75% depuis 2002, selon des fuites publiées dans le quotidien The Guardian de vendredi.
Un autre rapport, rendu public lundi par l’Agence (britannique) des carburants renouvelables, a averti que les biocarburants, destinés à faciliter la lutte contre le réchauffement planétaire, pourrait en fait avoir l’effet inverse.
L’étude ne va pas aussi loin que celle de la Banque Mondiale mais estime que les biocarburants pourraient provoquer une hausse de 15% des cours des céréales dans l’Union européenne et plonger une dizaine de millions d’Indiens dans la pauvreté.
Le rapport recommande cependant de ne pas abandonner les biocarburants mais de favoriser leur culture sur des terres abandonnées ou marginales ou leur production à partir de déchets agricoles.
Le ministre français Jean-Louis Borloo, dont le pays préside l’UE, a admis samedi que les carburants verts suscitaient de « nouvelles inquiétudes », lors d’une réunion conjointe des ministres européens de l’Environnement et de l’Energie, près de Paris.
Les pays de l’UE se sont déjà engagés à respecter de stricts critères environnementaux et sociaux de « durabilité ». Un groupe de travail planche depuis quelques mois sur leur définition, sans être encore parvenu à un résultat.














