PARIS, 18 juil 2008 (AFP). Des associations écologistes ont dénoncé vendredi les défaillances du contrôle du nucléaire, évoquant un « tragique Tour de France des accidents nucléaires » à propos des deux fuites radioactives révélées en 10 jours au Tricastin (Vaucluse) et à Romans-sur-Isère (Drôme).
« A chaque fois, l’information est verrouillée par l’Autorité de sûreté du nucléaire et le politique en est réduit au rôle de commentateur sportif de ce tragique Tour de France des accidents nucléaires », relève dans un communiqué France Nature Environnement, qui fédère la plupart des associations françaises.
FNE demande un audit public et indépendant de l’ASN. « Aujourd’hui, le politique a perdu le contrôle du nucléaire », estime Arnaud Gossement, porte-parole de FNE.
Pour l’ancienne ministre de l’écologie Corinne Lepage, « les incidents à répétition et la découverte d’une pollution de la nappe phréatique du Tricastin mettent en lumière les défaillances de la filière nucléaire, dues notamment à un sous-investissement dans la sécurité, la protection de la santé humaine et de l’environnement ».
Mme Lepage réclame une « évaluation socio-économique de la filière » qui serait réalisée par une « commission extérieure au lobby nucléaire ».
« Il est évident qu’avant de faire, comme le veut le gouvernement, un nouveau choix pour le tout-nucléaire, cette évaluation soit faite et comparée aux autres choix que sont l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables », ajoute-t-elle.
Pour sa part, le réseau « Sortir du nucléaire » demande la démission d’Anne Lauvergeon, présidente d’Areva, au delà du remplacement du directeur de la filiale Socatri, annoncée jeudi par le géant du nucléaire.














