PARIS, 9 juil 2008 (AFP). L’attractivité des carrières de la Recherche a « gravement diminué dans notre pays », dénonce mercredi dans un rapport le président de l’Académie des Sciences, Jules Hoffmann, qui estime nécessaire un effort sur les « rémunérations » et « l’environnement de travail ».
Dans ce rapport remis à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse, M. Hoffmann souligne que cette chute de l’attractivité, observée « au cours des dernières décennies », « vaut pour les chercheurs des grands organismes publics de recherche comme pour les enseignants-chercheurs de nos universités.
« Ce problème a d’abord concerné surtout les sciences du vivant et touche désormais toutes les disciplines, y compris les mathématiques et la physique », affirme-t-il.
Dans cette analyse réalisée à la demande de Mme Pécresse et « approuvée à l’unanimité » en Assemblée Générale par l’Académie, celle-ci avance quatre « mesures prioritaires ».
L’Académie des Sciences affirme d’abord la nécessité d’une « revalorisation significative des rémunérations » et estime que « l’environnement de travail du chercheur, qu’il soit humain ou matériel doit être considérablement amélioré ».
Les deux autres recommandations portent sur « la reconnaissance à sa juste valeur de la thèse de doctorat » et « un rapprochement progressif des carrières des chercheurs et des enseignants-chercheurs ». L’Académie relève notamment les « charges d’enseignement actuelles des enseignants-chercheurs et leur incompatibilité avec une activité de recherche de haut niveau ».
Pour l’Académie, « l’hémorragie » dans les carrières de recherche est « double ».
D’une part, selon elle, « un nombre très insuffisant de jeunes » se dirigent « vers un doctorat puis vers la recherche » et « nombre des meilleurs étudiants issus de l’université abandonnent les filières de Masters et de Doctorats pour se tourner vers d’autres formations menant à des professions plus rémunératrices ».
D’autre part, beaucoup des « enseignants-chercheurs et chercheurs qui se sont fait connaître au plan international par la grande qualité de leurs travaux (…) quittent nos laboratoires », car ils se voient « offrir des situations considérablement plus avantageuses dans d’autres pays ».
« Cette situation, souligne l’Académie, prend une importance particulièrement préoccupante à la veille de départs massifs à la retraite de chercheurs et d’enseignants-chercheurs dans les cinq années à venir (près d’un quart de l’effectif global soit plus de 15.000 postes) ».














