ROME, 4 juin 2008 (AFP). Le coordinateur de la cellule spéciale sur la crise alimentaire de l’ONU et responsable des affaires humanitaires John Holmes a estimé mercredi au sommet de la FAO qu’il existait un « large consensus » entre les pays concernant les solutions à adopter face à la flambée des prix.
Il a affirmé qu’une première version du « Cadre global d’action » élaborée par cette cellule de crise créée il y a un mois et rassemblant les chefs des agences onusiennes et des institutions économiques internationales, devrait être prête d’ici « la fin juin », afin d’être présentée au G8 de juillet au Japon.
« Dès que le sommet de Rome sera terminé, nous nous remettrons au travail afin qu’une première version de ce plan qui comprendra une série de mesures urgentes et à plus long terme, soit finalisée d’ici la fin juin », a-t-il dit.
Présentant les recommandations de la cellule de crise face à la flambée des prix, M. Holmes a souligné qu’elles « formaient une série cohérente de mesures dont le point central est la nécessité de stimuler la production agricole et la productivité ».
« Une renaissance de l’agriculture, qui a été négligée ces dernières années par les gouvernements et les institutions internationales est nécessaire, afin de faire croître la production agricole de 50% à l’horizon 2030 », a-t-il ajouté, insistant sur « la nécessité de mettre en oeuvre parallèlement des mesures à court terme et à long terme »
« Concernant les besoins à court terme, il faut augmenter l’aide alimentaire d’urgence, en prêtant particulièrement attention aux femmes et aux enfants, il est nécessaire d’aider rapidement les petits agriculteurs en leur fournissant des intrants, tels que des engrais et semences », a plaidé M. Holmes.
A court terme, « des ajustements de politique commerciale sont également nécessaires. Les restrictions à l’exportation en particulier doivent être réduites au minimum absolu, et les subventions doivent être aussi limitées que possible », a-t-il préconisé.
A plus long terme, « il faut augmenter de façon significative et durable les investissements dans l’agriculture, aider les producteurs à acquérir les bons types d’intrants, leur assurer un accès sûr aux terres, l’accès au micro crédit et mettre en place ou renforcer des filets de sécurité sociale », a-t-il souligné.
Concernant les biocarburants, M. Holmes a estimé qu’il fallait « analyser la question avec calme, afin notamment de comprendre quel doit être le rôle des politiques commerciales et des subventions ».
Cette cellule de crise, dont la création a été annoncée par M. Ban à Berne le 29 avril, rassemble les chefs de quinze départements et agences de l’ONU, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM).
Elle est placée sous l’autorité directe de M. Ban, qui a chargé son secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires, John Holmes, de sa coordination.














