PARIS, 11 juin 2008 (AFP). L’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage a estimé mercredi que les procédures européennes d’homologations des OGM devaient être caractérisées par plus de « transparence » et de « sérieux ».
« C’est une question de transparence, d’indépendance des experts et de beaucoup plus de sérieux dans l’évaluation des risques », a déclaré à l’AFP Mme Lepage après avoir remis au ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo un rapport sur l’amélioration des procédures européennes d’expertise dans les biotechnologies.
La France, qui assure la présidence de l’UE à partir du 1er juillet, a obtenu il y a une semaine l’accord de ses partenaires pour une remise à plat des procédures d’homologation des OGM dans l’Union, qui prendront davantage en compte les risques pour l’environnement.
L’ancienne ministre a souligné que les principales recommandations de son rapport portaient sur l’exigence, pour les experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), « de répondre pleinement aux questions qui leur sont posées, de documenter leurs réponses, de dire quand ils ont des incertitudes, de manière à ce qu’il puisse y avoir une vraie politique de gestion du risque ».
Parmi les points précis, elle a demandé de « passer à un débat contradictoire au sein de l’Efsa et non plus à la recherche du consensus » et « d’être beaucoup plus exigeant sur la publicité donnée aux protocoles et aux données sur lesquelles on s’appuie ».
Mme Lepage a en outre fait une série de propositions sur le statut des experts.
« Il existe, pour les experts qui font des études pour l’Europe, un véritable statut avec des tas d’exigences. Cela n’existe pas pour les experts de l’Efsa, qui ne sont pas payés, qui sont juste défrayés. Il n’y a donc pas de responsabilité, et il n’y a pas de véritable code de déontologie (…) Il faut les mettre en mesure de travailler convenablement », a-t-elle expliqué.
Interrogé sur les suites qui seront données à ce rapport, Mme Lepage s’est déclarée plutôt optimiste.
Elle a indiqué que M. Borloo lui avait assuré qu’elles seraient débattues lors d’un premier conseil des ministres informel de l’environnement et de l’énergie qui aura lieu du 3 au 5 juillet en banlieue parisienne.
« Maintenant , ce n’est pas seulement une demande de la France, c’est une demande de M. Dimas (commissaire à l’Environnement, NDLR), de Mme Merkel et de l’immense majorité de pays membres », a souligné l’ancienne ministre.














