PARIS, 18 juin 2008 (AFP). Le réchauffement des océans au cours des 40 dernières années a été 50% plus rapide qu’on ne le pensait, selon une étude de chercheurs australiens et américains publiée mercredi.
L’élévation du niveau des océans, qui fait craindre une érosion accrue du littoral et des inondations, est générée par deux phénomènes liés au réchauffement climatique : la dilatation thermique de l’eau et l’augmentation des masses d’eau liée à la fonte des glaces.
L’évaluation de l’influence respective de ces deux facteurs est par conséquent essentielle pour la compréhension du changement climatique et la prévision des hausses futures de température.
Selon les auteurs de cette étude, publiée dans la revue britannique Nature, leurs conclusions diffèrent de celles du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC).
Utilisant de nouvelles méthodes pour évaluer l’évolution de la température des océans jusqu’à 700 mètres de profondeur entre 1961 et 2003, ils ont montré que la dilatation thermique avait contribué à une hausse du niveau de la mer de 0,53 millimètres par an, alors que l’estimation du Giec est de 0,32 mm.
Or jusqu’à ce jour, il existait un décalage entre les projections faites par des modèles climatiques informatiques et les observations réalisées par les scientifiques.
Cette nouvelle étude, menée par Catia Domingues, du Centre australien de recherche sur le climat, est la première qui permette de faire coïncider les deux.
« Nos résultats sont importants pour la modélisation des changements climatiques car elle renforce la confiance dans les modèles utilisés », a souligné Mme Domingues dans un communiqué.
« Ces projections permettront ensuite d’aider à anticiper et minimiser l’impact (de la hausse du niveau de la mer) et de développer des stratégies d’adaptation », ajoute-t-elle.
Dans le volet scientifique de son dernier rapport en février 2007, le Giec avait initialement indiqué que le niveau des océans pourrait, selon les scénarios, s’élever de 18 cm à 59 cm à la fin du siècle par rapport à la période 1980-1999.
En novembre 2007, les experts réunis à Valence (Espagne) pour approuver le rapport ont finalement renoncé, faute de certitude, à donner une valeur limite à la hausse prévisible du niveau de la mer d’ici la fin du siècle.














