MUNICH (Allemagne), 6 juin 2008 (AFP). L’ancien rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation, le Suisse Jean Ziegler, a vivement critiqué vendredi les conclusions du sommet de la FAO à Rome, qui risquent selon lui « d’aggraver la faim dans le monde, au lieu de la combattre ».
« C’est la victoire des grandes entreprises, qui contrôlent environ 80% du commerce agricole dans le monde », a assuré M. Ziegler dans une interview à la radio allemande Bayrischer Rundfunk.
L’ancien rapporteur de l’ONU a notamment critiqué le fait que les pays de l’Union européenne ne se soient pas engagés à réduire leurs subventions agricoles, qui conduisent selon lui à une situation de concurrence déloyale vis-à-vis des agriculteurs des pays en voie de développement.
« Aujourd’hui, on trouve sur n’importe quel marché d’Afrique des fruits et légumes européens, pour la moitié ou le tiers du prix des produits locaux comparables », a assuré M. Ziegler, qui a également déploré que les participants au sommet n’aient même pas débattu d’une interdiction des biocarburants, qualifiés de « criminels ».
L’échec du sommet, a accusé l’ancien rapporteur onusien, est en partie imputable au secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon, très « exposé à l’influence américaine », et qui « n’a formulé aucune recommandation qui puisse déranger les grandes entreprises d’une manière ou d’une autre ».
Les pays membres de la FAO ont bouclé jeudi soir à l’issue de négociations laborieuses leur sommet de Rome par une déclaration les engageant à réduire de moitié le nombre de personnes qui ont faim d’ici 2015 mais qui est restée très timide sur les subventions et les bioénergies.














