4 juin 2008

TOKYO, 4 juin 2008 (AFP). Le gouvernement japonais étudie la création d’une Bourse de quotas d’émission de dioxyde de carbone (CO2), les industriels s’opposant aux limitations obligatoires de rejets étant désormais prêts à accepter cette idée sous certaines conditions, selon un journal nippon.

« Le gouvernement a décidé d’inclure l’introduction d’un système national d’échanges de droits de rejet de gaz carbonique dans le projet de lutte contre le réchauffement climatique qui doit être rédigé d’ici le milieu du mois », a assuré en une le quotidien économique Nikkei.

Ce document gouvernemental, plan d’actions du Japon pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, doit être présenté lors du sommet du Groupe des huit pays les plus industrialisés (G8) qui se tiendra début juillet sur l’île japonaise septentrionale Hokkaido.

Selon le journal, l’hypothèse de création d’une « Bourse carbone », assortie de plafonds de rejets de CO2 pour les entreprises, résulte d’un changement d’attitude des milieux industriels et des bureaucrates du ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (Meti), auparavant opposés à ce modèle.

Le Nikkei affirme que le groupe sidérurgique Nippon Steel et la compagnie d’électricité de Tokyo (Tepco), qui mènent la fronde contre les limitations obligatoires de rejets polluants, se montreraient plus ouverts à un système d’échange.

Tepco a toutefois indiqué dans un communiqué qu’il était « inexact que la compagnie pourrait soutenir ce dispositif sous certaines conditions ».

La municipalité de Tokyo étudiera pour sa part le 10 juin la proposition de son gouverneur d’instaurer un tel dispositif pour la capitale en 2010.

Le principe des transactions de quotas de CO2, d’ores et déjà en vigueur en Europe, vise à encourager une entreprise à investir dans une technologie propre pour se créer ainsi des marges par rapport au maximum de rejets de CO2 fixé. Une firme qui émet moins de CO2 que la limite autorisée revend la différence (un droit d’émettre) à une autre du même secteur.

Le Japon est loin de remplir les obligations du protocole de Kyoto, lequel lui impose une baisse de 6% en 2012 comparé à 1990 des quantités de CO2 rejetées par an dans l’atmosphère.