TOKYO, 3 juin 2008 (AFP). La ville de Tokyo se prépare à instaurer des quotas d’émissions de carbone pour lutter contre le réchauffement climatique, alors que le gouvernement japonais peine à remplir ses obligations du protocole de Kyoto, a-t-on appris mardi auprès de la municipalité.
Cette initiative de Tokyo rappelle celle de l’Etat de Californie, qui avait voté en 2002 une loi imposant aux constructeurs automobiles de réduire de 30% les émissions polluantes des véhicules entre 2009 et 2016, alors que l’administration Bush ne voulait pas légiférer au plan national.
Le gouverneur de Tokyo, Shintaro Ishihara, a annoncé mardi à l’assemblée de la capitale qu’il voulait créer le premier système de quotas d’émissions de carbone du Japon, une idée qui rencontre habituellement l’hostilité des milieux industriels et du gouvernement.
« La ville de Tokyo visera une réduction de 25% des émissions de carbone en 2020 par rapport au niveau de 2000 », a déclaré à l’AFP Katsunori Yano, un responsable du département environnement de la municipalité.
La proposition sera soumise le 10 juin à l’assemblée municipale où la majorité est détenue par le parti du gouverneur Ishihara, le Parti libéral démocrate (PLD, droite, également au pouvoir au Japon).
Un marché au carbone sera lancé en 2010, avec fixation de quotas d’émissions pour les industries polluantes qui pourront acheter des permis de polluer aux entreprises plus vertueuses, a précisé M. Yano.
La préfecture de Tokyo dirigée par M. Ishihara compte 13 millions d’habitants. L’agglomération de Tokyo qui comprend la préfecture de Tokyo proprement dite et d’autres villes de la région, dont Yokohama, constitue la plus grande ville du monde avec 35 millions d’habitants.
Le Japon est loin de remplir les objectifs du protocole de Kyoto qui lui impose de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 6% d’ici 2012 par rapport au niveau de 1990.
Le pays va organiser du 7 au 9 juillet le sommet des pays riches du G8 à Hokkaido (nord), avec comme priorité la lutte contre le réchauffement climatique.
Mais le Premier ministre Yasuo Fukuda s’est pour l’instant contenté d’annoncer qu’il voulait instaurer un système de marché au carbone pour que l’archipel remplisse ses obligations de Kyoto.
Les milieux d’affaires et une partie de l’administration japonaise ne souhaitent pas de marché au carbone, lui préférant un système d’approche « sectoriel » pour améliorer l’efficacité énergétique de chaque industrie.
Selon l’agence de presse Kyodo, qui ne cite pas ses sources, les négociations entre les pays du G8 avant le sommet buttent sur la position américaine.
Les Etats-Unis ne veulent pas d’un engagement du seul G8 contre le réchauffement climatique et voudraient notamment que les pays émergents, comme la Chine et l’Inde, soient associés aux décisions contraignantes, selon Kyodo.














