30 juin 2008

LA HAYE, 30 juin 2008 (AFP). Récolter et stocker les émissions de gaz carbonique est indispensable à l’heure où la pollution due au pétrole, au gaz et au charbon continue de croître, ont estimé lundi à La Haye des experts climatiques lors d’une conférence environnementale internationale.

Selon l’Agence internationale de l’Energie (AIE), les technologies et les infrastructures ont été négligées à cause de leur prix élevé, d’un manque de volonté politique et faute d’avoir assez impliqué le monde des affaires.

Mais « sans récolter et stocker les gaz carboniques, inutile de faire des plans pour atteindre les objectifs de réduction de ces gaz », a déclaré Pieter Boot, directeur au sein de l’AIE, aux experts réunis à l’initiative des Pays-Bas et de l’Arabie saoudite.

Selon lui, la consommation d’énergie devrait connaître une augmentation de 55% d’ici 2030, imputable à 84% aux énergies fossiles. Le stockage des gaz devrait représenter 21% des réductions de CO2 fixées d’ici 2050.

L’agence estime donc que les gouvernements devraient financer les premiers pas de la construction des installations de collecte et de stockage des gaz, à commencer par les pipelines de transport de CO2.

« N’attendez pas que l’industrie se lance seule. C’est un test décisif pour les gouvernements et leurs intentions réelles en matière d’environnement », a déclaré M. Boot.

Pour Kevin Stringer, cadre au sein de l’industrie pétrolière canadienne, « l’industrie attend, se disant que si quelqu’un d’autre développe les technologies, les coûts seront moindres ».

Selon Weiyang Fei, de l’Académie chinoise des sciences, la récolte et le stockage du CO2 provoquera une hausse de 30% du coût de l’électricité, « coût beaucoup trop élevé pour l’instant ».

Avec des investissements cent fois supérieurs, la collecte et le stockage de CO2 serait vivable, estime M. Boot, « mais c’est une question de décisions politiques. En principe c’est possible. Il faut s’y mettre ».