8 juin 2008

KINSHASA, 8 juin 2008 (AFP). La secrétaire d’Etat française aux droits de l’Homme Rama Yade a annoncé dimanche à Kinshasa un don de 300.000 euros au programme de l’ONG Médecins du monde (MDM) en faveur des enfants des rues de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

« Je suis venue à la fois pour apporter un soutien moral et pour annoncer un don de 300.000 euros que le ministère (français) des Affaires étrangères a débloqué » pour venir en aide aux enfants des rues, estimés à « 18.000 à Kinshasa », a déclaré la ministre, qui visitait un des centres d’accueil pour enfants soutenus par MDM.

Elle a salué le « dévouement quotidien » des travailleurs humanitaires du centre Pekabo de l’ONG congolaise Aide à l’enfance défavorisée (AED), qui fonctionne depuis 9 ans avec le soutien médical et financier de MDM.

AED dispose de huit centres à Kinshasa, où quelque 4.800 enfants, âgés de 5 à 18 ans, reçoivent chaque année des soins, des repas chauds, peuvent bénéficier de l’écoute d’éducateurs et de salles de repos.

« L’objectif principal est de réinsérer socialement les enfants » soit orphelins, soit abandonnés ou rejetés par des familles trop pauvres qui les accusent souvent de sorcellerie, a expliqué à l’AFP Mike Mwamba, directeur du centre Pekabo.

« Nous essayons d’aider les familles avec des activités de micro-crédits, pour que la réunification des enfants avec leurs proches ne soit pas un poids économique qui pourrait conduire à un nouveau rejet », a-t-il expliqué.

Un tiers des enfants accueillis au centre souffrent de la malaria et beaucoup y arrivent avec des plaies infectées, à la suite de bagarres dans la rue. De nombreux mineurs ont été contraints à la prostitution, pour pouvoir s’offrir un repas par jour, et certains sont séropositifs (taux de prévalence moyen de 4,5% en RDC).

Parias, 11 ans, raconte avoir mendié « pendant un an dans la rue pour pouvoir manger », avant de découvrir le centre. Ce petit garçon fluet, orphelin de mère, a été abandonné par son père « parti travailler dans les mines en Angola ».

A ses côtés, Dieumerci, 16 ans, fils d’un militaire « parti au front » et d’une mère trop pauvre pour pouvoir nourrir son fils, affirme avoir lui-même « choisi » la rue, il y a 3 ans. Il est soigné pour la tuberculose au centre Pekabo et veut « apprendre un métier ».

Devant la ministre, les enfants ont joué une saynète sur les dangers guettant les gamins des rues, comme le sida.

Devant ces témoignages « plus que criants de vérité », Rama Yade a souligné l’importance de l’implication du gouvernement congolais pour développer des services sociaux dans un pays ravagé par une décennie de conflits.

Arrivée samedi soir à Kinshasa, la ministre doit y rencontrer lundi le président Joseph Kabila, avant de s’envoler pour l’est du pays, où elle visitera un hôpital soignant des femmes victimes de violences sexuelles et un camp de déplacés de guerre.