9 juin 2008

LIBREVILLE, 9 juin 2008 (AFP). L’organisation Revenue Watch Institute qui avait invité l’écologiste gabonais Marc Ona Essangui, principal porte-parole de la société civile au Gabon, à tenir une conférence à New York le 12 juin a protesté lundi contre son interdiction de sortie du territoire.

« Son interpellation injustifiée et son interdiction de voyager jettent un doute sur la volonté du Gabon d’appliquer l’EITI (Initiative pour la transparence des industries extractives), étant donné qu’une société civile libre et indépendante est un préable absolu pour devenir membre de l’EITI », souligne Karin Lissakers, directrice de RWI dans un communiqué daté de New York et parvenu à l’AFP à Libreville.

« Marc Ona, qui avait un visa pour les Etats-Unis, était invité par Revenue Watch », souligne le communiqué, estimant qu’il n’y pas de « base légale ou de justification à son interdiction de voyager ».

L’EITI vise à assurer que les revenus des matières premières (pétrolières et minières) contribuent au développement des pays producteurs.

RWI « promeut la gestion responsable du pétrole, gaz et ressources minéralières pour le bien public (…) et dans la transparence », selon son site internet.

Marc Ona Essangui s’est vu refuser vendredi sa sortie du territoire gabonais à l’aéroport de Libreville alors qu’il allait embarquer dans l’avion.

La tension monte depuis plusieurs mois entre le ministre de l’Intérieur André Mba Obame et les représentants de la société civile. Le ministre, qui estime que les ONG dépassent leur rôle en se mêlant de politique, avait notamment suspendu leurs activités pendant une semaine en janvier pour ce motif.

De nombreux observateurs politiques estiment que les ONG représentent la seul « vraie » opposition au Gabon.