TOKYO, 16 juin 2008 (AFP). L’ambassadeur américain au Japon, pays hôte de la réunion du G8 en juillet, a prévenu qu’aucune solution efficace au changement climatique ne serait trouvée lors de ce sommet auquel ne participent pas les pays émergents.
Le Japon accueille du 7 au 9 juillet à Toyako, sur l’île de Hokkaido (nord), le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays industrialisés du G8 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Canada, Russie).
Tokyo espère y faire avancer la négociation sur un traité international pour lutter contre le réchauffement climatique, ouverte sous égide de l’ONU afin de trouver un successeur au protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre qui arrive à échéance en 2012.
Mais Thomas Schieffer, l’ambassadeur américain au Japon, a prévenu qu’un accord sur le sujet ne pourrait être trouvé qu’en intégrant les grands pays émergents, comme la Chine et l’Inde, dont les émissions de gaz à effet de serre augmentent.
« C’est une question qui va au-delà du G8 et il n’est pas possible d’avoir une solution au G8 efficace au bout du compte », a déclaré M. Schieffer à quelques journalistes.
Il a expliqué que, pour les Etats-Unis, cette question ne pouvait être résolue « uniquement en négociant avec les sept autres gouvernements du G8 ».
Selon l’ambassadeur, les Etats-Unis préfèrent négocier sur le changement climatique dans le cadre des réunions dites « des grands émetteurs » de gaz à effet de serre, une initiative lancée par le président américain George Bush comprenant 16 pays responsables de 80% des émissions mondiales.
Même si M. Schieffer a reconnu que le Japon « aimerait parvenir à une déclaration d’accord » des pays du G8 sur le sujet.
Interrogé sur ce sommet, le ministre adjoint des Affaires étrangères japonais, Masaharu Kohno, le « sherpa » de la négociation climat côté Tokyo, a admis que « beaucoup de gens étaient sceptiques sur les résultats auxquels nous pourrons parvenir à Toyako alors que les négociations sont en cours » sous égide onusienne.
« Mais je crois que le G8 doit jouer son propre rôle. Il peut prendre les rênes des discussions sur les technologies innovantes et sur les fonds qui doivent être mis en place par la Banque mondiale. Ce problème est tellement important que nous pouvons avancer dans les discussions sur ces points », a-t-il ajouté.
La plupart des 16 pays « grands émetteurs » sont attendus à Toyako au moment du sommet du G8.
Le Japon a invité les dirigeants de huit grands pays émetteurs non membres du club à une réunion à 16 sur le changement climatique, hors du cadre du G8, le 9 juillet.
Tokyo a annoncé samedi que le président chinois Hu Jintao avait confirmé sa venue.
Les Etats-Unis sont le seul grand pays industrialisé à n’avoir pas ratifié le protocole de Kyoto. M. Bush a justifié ce refus par l’absence de contrainte pesant sur les pays en développement dans cet accord.














