15 mai 2008

NANCY, 15 mai 2008 (AFP). Greenpeace a déposé un recours devant le conseil d’Etat contre un décret pris le 3 mars qui autorise le stockage en France de certains déchets radioactifs étrangers et des matières radioactives liées à leur retraitement, a-t-on appris auprès de l’association.

« Ce décret constitue un vrai retour en arrière. Il y a toujours eu un vrai consensus politique sur la question des déchets étrangers, qui devaient rentrer dans leur pays d’origine », a déclaré à l’AFP Frédéric Marillier, de Greenpeace France, dénonçant un texte « scandaleux » parce que pris « en catimini ».

« Pour renforcer la compétitivité d’Areva, la France accepte d’être la +poubelle nucléaire internationale+ », a affirmé ce chargé de la campagne énergie et nucléaire pour Greenpeace, ajoutant que l’association avait déposé le 6 mai un recours devant le conseil d’Etat contre ce texte.

D’après le décret signé, entre autres, par le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo, les déchets « se retrouvant sous forme de matières valorisables, de rejets autorisés ou de déchets occasionnés par le seul usage des installations de l’exploitant » n’ont plus à être retournés à l’étranger.

Cette dernière catégorie de déchets englobe les « résines de traitement des eaux des piscines », « les déchets de démantèlement », les « solvants usés » ou encore « les boues issues du traitement des effluents liquides », selon Greenpeace.

« Ces déchets ne sont certes pas les plus radioactifs, mais ils représentent près de 20.000 tonnes de matières réparties dans près de 50 000 colis stockés soit sur le site de La Hague (Manche) pour la plus grande partie, soit sur le site de Marcoule » (Gard), explique l’association dans un communiqué.

Le collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (Cedra) a de son côté qualifié de « manipulation gouvernementale sidérante » le décret du 3 mars, car il « prend à contrepied » la loi sur la gestion des déchets radioactifs de juin 2006, qui interdisait le stockage de déchets étrangers en France.

« Ce décret est vicieux. Sous des apparences extrêmement techniques, il faut gratter, relire trois fois le texte, pour trouver l’entourloupe », a déploré le porte-parole du Cedra, Michel Marie.