23 mai 2008

KINSHASA, 23 mai 2008 (AFP). La préservation de la forêt et les questions d’énergie ont été au coeur d’un entretien qu’ont eu vendredi à Kinshasa le président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila et le ministre français de l’Ecologie Jean-Louis Borloo, a annoncé ce dernier à la presse.

« Le président Kabila est convaincu de la nécessité de préserver la forêt » congolaise, qui couvre 145 millions d’hectares, dont plus de la moitié de forêt dense humide, a déclaré M. Borloo à l’issue de cette rencontre au palais présidentiel.

Interrogé sur la position de son homologue congolais José Endundo, qui estime que la communauté internationale doit contribuer à la préservation de la forêt congolaise dont il estime la valeur à 3 milliards de dollars par an, M. Borloo s’est refusé à mesurer financièrement le réservoir de biodiversité du bassin du Congo.

« Nous sommes les premiers à dire que la forêt a une valeur pour l’humanité, qui n’est pas la somme du business qu’on peut y faire », a-t-il affirmé.

Il a par ailleurs souligné l’immense potentiel de production hydroélectrique de la RDC, dont les barrages et centrales doivent être réhabilités, alors qu’actuellement « 6% seulement des Congolais bénéficient d’un accès à l’électricité ».

Plusieurs projets de réhabilitation sont en cours sur le site d’Inga, au Bas-Congo (ouest), où les eaux d’un barrage sur le fleuve Congo alimentent deux centrales en très mauvais état, mais dont le potentiel de production est de près de 40.000 mégawatts et qui pourront à terme fournir de l’électricité à toute l’Afrique australe.

Enfin M. Borloo a transmis au président Kabila un message personnel de son homologue français Nicolas Sarkozy pour une invitation en France axée sur les questions de la forêt et de l’énergie.

Cette invitation, déjà évoquée lors du passage en RDC du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner en janvier, pourrait intervenir « dans la dernière semaine de juin », a indiqué M. Borloo.

Arrivé jeudi soir en RDC, le ministre français devait visiter vendredi une station de traitement des eaux de l’est de Kinshasa, avant de quitter la ville pour visiter un projet d’agro-foresterie à Mampu puis la réserve de chasse de Bombo Lumene, à quelque 150 km de la capitale.

Samedi, il se rendra à Mbandaka, capitale de la province d’Equateur (nord-ouest), où il devrait notamment visiter une exploitation forestière.

La visite de M. Borloo intervient à quelques semaines du début de l’examen des 156 titres forestiers existants en RDC, qui seront soit validés et convertis en concessions, soit annulés s’ils sont jugés illégaux. Plus de 20 millions d’hectares sont concernés, soit le quart de la surface forestière exploitable du pays.

M. Borloo doit quitter samedi soir la RDC pour le Congo-Brazzaville, où il devrait séjourner 24 heures.