19 mai 2008

RIO DE JANEIRO, 19 mai 2008 (AFP). Le nouveau ministre brésilien de l’Environnement, Carlos Minc, a déclaré qu’il allait proposer au président Luiz Inacio Lula da Silva que l’armée patrouille les parcs nationaux et les réserves écologiques du pays, en particulier en Amazonie où les tensions entre indiens et fermiers blancs sont fortes.

« Je vais proposer la création de patrouilles ou le déplacement de régiments de l’armée pour surveiller les grands parcs et les réserves » où sont exploités des produits comme le latex ou les noix du Brésil, a dit M.Minc dans des déclarations publiées lundi par la presse.

Actuellement, le Brésil compte 300 parcs et réserves, la plupart en Amazonie.

Secrétaire à l’Environnement de l’Etat de Rio de Janeiro, M.Minc, a été nommé ministre il y a une semaine en remplacement de Marina Silva, démissionnaire. La ministre, 50 ans, était qualifiée « d’ange gardien de l’écologie » par Greenpeace mais aussi « d’ennemi du développement » par les grands producteurs agricoles.

D’après M.Minc, le départ de Mme Silva a donné l’impression à l’opinion publique internationale que « l’Amazonie était abandonnée ». Il a réitéré une fois de plus que la « forêt ne se transformerait pas en charbon » car il appliquera « la même politique environnementale que Mme Silva ».

Carlos Minc, 56 ans, ex-guérillero et l’un des fondateurs du Parti Vert au Brésil avant d’entrer au Parti des travailleurs (PT, au pouvoir) est devenu « l’élu » de Lula après l’octroi, en un temps record, d’une « autorisation écologique » préalable à la construction d’un immense complexe pétrochimique au nord de l’Etat de Rio.

Le président brésilien a fait l’éloge de la gestion « pragmatique » de M.Minc alors qu’il avait critiqué la lenteur de Mme Silva à réaliser les études d’impact sur l’environnement en vue de délivrer ces autorisations.

« On peut être pragmatique et rigoureux. Ce n’est pas parce qu’une étude d’impact dure trois ans qu’elle est une garantie pour l’ecosystème », selon M.Minc.