28 mai 2008

PARIS, 28 mai 2008 (AFP). Un fort relâchement de méthane par le permafrost de régions équatoriales aurait pu être l’étincelle qui a déclenché la déglaciation et le réchauffement qui ont mis fin à la période où la Terre était une « boule de neige », selon une étude à paraître jeudi dans la revue Nature.

Il y a quelque 750 millions d’années, la Terre aurait été entièrement recouverte de glace, mais un réchauffement brusque a commencé à se produire à – 635 millions d’années, dans l’Ediacarien, la dernière période du Précambrien.

Plusieurs théories ont été avancées pour expliquer cette brutale évolution du climat, dont un effet albédo – le réfléchissement de l’énergie solaire -, la diffusion de gaz au fond des océans ou le relâchement de méthane.

L’équipe du Pr Martin Kennedy, de l’Université de Californie à Riverside, a décelé dans des sédiments marins d’Australie du Sud issus de la déglaciation une grande variété d’isotopes d’oxygène. Selon les chercheurs, ils viendraient du mélange d’eau provenant de la fonte de glaces et de la déstabilisation, par cette même eau, d’un permafrost chargé en méthane.

« La déstabilisation du méthane par l’eau (dans la zone équatoriale) pourrait être un mécanisme particulièrement important pour le forçage du climat », estiment-ils, ces résultats laissant entendre que le méthane relâché par le permafrost aux latitudes basses a agi au moins comme déclencheur du réchauffement qui a mis fin à l’ère de la Terre « boule de neige ».

Cette étude est publiée alors que de nombreux experts, dont certains du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), tirent la sonnette d’alarme sur le rôle dans le réchauffement climatique actuel du méthane, notamment issu des zones marécageuses et de la fonte du permafrost dans les zones arctiques.